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Marie-Claude Saliceti
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Vingt ans après l’invasion, l’Irak loin de la "démocratie" voulue par George W. Bush
#irak
Article mis en ligne le 16 mars 2023

L’Irak de 2023 est loin de la "démocratie libérale" que George W. Bush envisageait en renversant Saddam Hussein il y a 20 ans : après des conflits sanglants, la corruption et l’instabilité gangrènent ce pays désormais proche de l’Iran, grand ennemi de Washington.

L’objectif affiché par l’administration américaine était simple. Les troupes américaines et la coalition internationale envoyées dans le désert irakien le 20 mars 2003 avaient pour ordre de mettre la main sur les prétendues armes de destruction massive du régime de Saddam Hussein. Mais les Marines américains n’ont jamais rien trouvé.

En revanche, le dictateur au pouvoir depuis 1979 est renversé en un tournemain. À la place, George W. Bush s’échine à "imposer une démocratie libérale", comme l’explique l’analyste Samuel Helfont. Seulement, "les États-Unis ignoraient tout de l’Irak". "Ils ne comprenaient ni la nature de la société irakienne ni la nature du régime qu’ils renversaient", explique ce professeur assistant de stratégie et de politique à la Naval Postgraduate School en Californie. (...)

De fait, l’invasion a ouvert une boîte de Pandore. L’attentat contre un mausolée chiite de Samarra, au nord de Bagdad, le 22 février 2006, a donné le coup d’envoi d’une guerre civile d’une violence inouïe qui a duré jusqu’en 2008. De 2003 à 2011, année du retrait de l’armée américaine, plus de 100 000 civils irakiens ont été tués, selon l’organisation Iraq Body Count. Les États-Unis ont déploré près de 4 500 morts.

Mais le traumatisme le plus récent est l’occupation de près d’un tiers du territoire irakien par le groupe État islamique (EI) de l’été 2014 à décembre 2017, mois de la "victoire" militaire sur les djihadistes remportée par Bagdad et une coalition internationale.
L’Irak, un État "en voie de démocratisation"

Au fil des ans, ces violences ont profondément altéré une société irakienne qui se distinguait par une grande diversité ethnique et confessionnelle. (...)

De pays en guerre, l’Irak s’est fourvoyé dans l’instabilité. (...)

À cela s’ajoutent des infrastructures en déliquescence dans ce pays aux immenses réserves de pétrole. Les coupures de courant sont quotidiennes, les routes défoncées, la distribution d’eau aux abonnés absents... Un quotidien en forme de lutte, surtout pour le tiers des 42 millions d’Irakiens qui vivent dans la pauvreté. Mais, nuance Hamzeh Haddad, l’Irak "est un État en voie de démocratisation. Les gens ont tendance à oublier que vingt ans est une période très courte dans la vie d’un État". (...)

Un "équilibre" à trouver entre "l’Iran, ses voisins sunnites et l’Occident" (...)