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France3
Une mère dépose plainte pour violences intrafamiliales et se fait retirer la garde de sa fille
Article mis en ligne le 16 septembre 2022

Le tribunal des enfants d’Orléans a ordonné en mai dernier le placement de Louise, 2 ans et demi, après que sa mère a porté plainte contre son ex-compagnon pour des soupçons de violences sexuelles sur sa fille, puis pour harcèlement et violences conjugales.

"C’était une petite fille très épanouie, sociable, avec beaucoup d’humour, toujours pétillante." Pauline Bourgoin* se souvient avec émotion des mois qui ont précédé le début de son cauchemar. Une époque où, séparée de son ex-compagnon, elle gardait quasi exclusivement leur fille Louise*. Et puis une succession d’évènements aboutit à ce que, le 24 mai, le tribunal des enfants d’Orléans décide de placer l’enfant, 2 ans et demi, loin de ses deux parents.

Cette histoire, Pauline Bourgoin l’a d’abord racontée dans les colonnes de L’Humanité, avant de recevoir ce mardi 13 septembre une équipe de France 3 Centre-Val de Loire. Les raisons de cette médiatisation : faire entendre la voix d’une mère désemparée face à la justice, et à une décision de "placement abusif", selon les mots de son avocate, maître Pauline Rongier (...)

un jour, la crèche de l’enfant écrit à la mère. "On me signale que ma fille tremble au moment du change, qu’elle panique et dit avoir peur de quelqu’un qui n’est pas à la crèche." Les responsables de l’établissement soupçonnent tout de suite des violences sexuelles. Plus tard, l’enfant semble révéler un inceste de la part de "papa", sans que Pauline ne sache si cela désigne son ex-compagnon ou son nouveau compagnon, rencontré entre temps.

S’ensuivent alors signalement à la cellule de recueil des informations préoccupantes et visite à l’hôpital d’Orléans. Ainsi qu’un entretien avec des référentes des services sociaux du Loiret, qui encouragent la mère à porter plainte :

« Je voulais porter plainte contre X, je ne suis pas enquêtrice, je leur ai dit que j’avais peur de représailles. Mais elles m’ont dit de désigner les deux suspects. Que si je n’étais pas capable de protéger ma fille, elles en parleraient au juge des enfants. »
Pauline Bourgoin

De violences conjugales à conflit parental

Entre temps, le père "demande des comptes" sur les suspicions de violences sexuelles. Encouragée selon elle par les services sociaux, Pauline Bourgoin ne remet pas Louise à son père. "Lui va au commissariat, et dépose une plainte de disparition inquiétante de mineur." (...)

Après une période où les visites étaient d’une heure toutes les deux semaines, la jeune mère peut désormais voir Louise deux heures par semaine. Des moments précieux pour "se reconnecter, se retrouver", mais ponctués par "des pleurs quand je dois partir, et je dois garder le cap, partir en la laissant pleurer".

Le Département a "toute confiance" en ses agents de l’ASE

Depuis la décision de placement, Pauline Bourgoin s’est soumise à une expertise psychiatrique. Ses conclusions estiment que la mère "ne présente pas de pathologie psychiatrique". Aucune "dynamique manipulatrice" n’a pu être mise en évidence, pas plus que d’éventuels "éléments psychopathologiques permettant d’affirmer qu’elle serait inapte à la parentalité". Simplement une "une symptomatologie en rapport avec les maltraitances qu’elle aurait subies". Qu’une mère ait été victime de violences pourrait-il être un motif de placement pour son enfant ? (...)

Le 23 septembre, se déroulera une audience en appel dans cette affaire. Associations de protection de l’enfance et soutiens de Pauline Bourgoin prévoient un rassemblement devant le palais de justice.