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Marie-Claude Saliceti
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Turquie : Mustafa Sarisuluk, candidat du HDP (Halkların Demokratik Partisi, le Parti Démocratique des Peuples)
Article mis en ligne le 2 novembre 2015

Ce n’est qu’un clip de campagne mais tout y est : l’héritage du printemps de Gezi, la dénonciation de la violence et du mépris, l’aspiration non seulement démocratique mais autogestionnaire, le soutien à Kobané et au Rojava... En dix minutes, un condensé de la courte histoire du HDP et de ses revendications, comme de ses valeurs. Diffusé dans le cadre de la difficile campagne des législatives turques du 1er novembre, et le climat de répression qu’on lui sait.

Peuples de Turquie, travailleurs, travailleuses, ouvrier-e-s , précaires, femmes, jeunes et tou-te-s les opprimé-e-s, c’est à vous toutes et tous à qui je m’adresse, je vous salue avec toute mon affection....
Mais ceux qui détiennent le pouvoir ont attaqué cet espoir. Ils ont attaqué notre rêve d’une nouvelle vie où nous serions capables de nous diriger nous-mêmes, tout en étant libres et égaux. Car le pouvoir a peur de l’espoir des opprimés. C’est avec cette peur qu’ils nous ont arraché nos êtres les plus chers. Ils ont massacré Ali İsmail, Abdocan, Ahmet Atakan, Medeni, Mehmet Ayvalıtaş, Berkin Elvan, Hasan Ferit et Ethem. Ils nous ont blessés par milliers, ils nous ont arrêtés par centaines. Nous ne l’oublierons jamais.
Malgré tout, ils n’ont pas réussi à empêcher l’éveil des peuples et des opprimés ! Nous nous sommes rendu compte de la réalité en regardant les télés et les journaux qui ne disaient rien de la violence que nous subissions, pendant qu’ils diffusaient des documentaires sur les pingouins comme s’ils se moquaient de nous. Peut-être que pour une fois, nous nous sommes posé cette question : “ Avons-nous étés “informés” par ces mêmes médias pendant des années ? Nous ont-ils menti sur ce qui s’est passé à l’Est du pays pendant des années ?” Oui, ceux qui nous ont persécutés parce que nous voulions la liberté, l’égalité et la démocratie, ne sont-ils pas capables de faire endurer aux citoyens kurdes le pire des destins ? Nous avons commencé à réfléchir. Nous avions construit un pont partant de Taksim à Lice. Ils nous avaient arraché 8 de nos vies mais ils ne pouvaient plus empêcher l’union des millions de personnes.
Maintes épopées se sont déroulées sur ces terres témoignant du désir qu’ont les peuples d’une coexistence libre et égalitaire. Elles se sont déroulées non loin de nous, au sud même de notre pays ; les Kurdes, les Turkmènes, les Arabes, les Yézidis, les Syriaques et d’autres peuples ont réalisé la révolution de Rojava. Au milieu de la cruauté exercée par les gangs de Daech et Al Qaida qui ont fait du Moyen Orient un bain de sang, un jardin de fraternité a été créé.

A Rojava, une vie multiculturelle, multi religieuse, multilingue est en train d’être constituée où les peuples s’autogouvernent par le biais des parlements de villages, villes et régions, où une économie du partage s’établit, où les femmes sont représentées et exercent ce pouvoir de représentation dans tous les domaines de la vie.
Or, ceux qui ont peur de l’espoir des opprimés ont fait tout leur possible pour étouffer cette révolution. (...)