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Total, nouveau sponsor du gouvernement en matière culturelle, artistique et éducative
Article mis en ligne le 12 mars 2014

Après les carburants, le gaz et les lubrifiants, le groupe Total se lance dans la culture. Avec les encouragements du ministère, qui lui ouvre grand ses portes. Il faut dire que le groupe pétrolier a des arguments. 4 millions d’euros exactement. Une contribution que Total a généreusement décidé d’offrir à la jeunesse de France. Cela tombe bien : c’est justement la priorité du gouvernement. Cette convergence d’intérêts vient d’aboutir à la signature d’une convention de partenariat pour développer l’éducation artistique et culturelle des jeunes.

Après avoir abondé la tirelire de l’État en 2013 pour soutenir le financement de la reforme des rythmes scolaires (lire notre article), Total, cinquième compagnie pétrolière mondiale et plus gros bénéfice du CAC 40, veut continuer à « intervenir auprès des jeunes tout au long de la chaîne éducative jusqu’à leur entrée dans la vie active », « avec les autres acteurs de l’insertion ». Le 28 janvier, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, et Christophe de Margerie, PDG de Total, ont posé pour une photo-souvenir officielle et témoigné de « l’engagement partagé » des trois partenaires en faveur de la jeunesse. « Nous avons tous notre responsabilité pour accompagner les parcours d’autonomie des jeunes, a déclaré Valérie Fourneyron. Ce travail main dans la main entre nos deux ministères et Total va permettre de donner une nouvelle impulsion à l’éducation populaire, artistique et culturelle. »

Quand les choix de Total influent la politique culturelle

Nouvelle grande idée socialiste : et si on faisait financer les politiques publiques par les entreprises du CAC 40 ? Une option qui semble séduire de plus en plus de ministres, face aux coupes budgétaires. Le groupe pétrolier Total va donc sponsoriser un programme d’éducation artistique et culturelle en direction de la jeunesse, que vient de lancer le ministère de la Culture. La multinationale a également contribué au financement de la réforme de l’Éducation nationale. Une façon de se racheter une image. A défaut de s’acquitter de l’impôt sur les sociétés... (...)

Après les carburants, le gaz et les lubrifiants, le groupe Total se lance dans la culture. Avec les encouragements du ministère, qui lui ouvre grand ses portes. Il faut dire que le groupe pétrolier a des arguments. 4 millions d’euros exactement. Une contribution que Total a généreusement décidé d’offrir à la jeunesse de France. Cela tombe bien : c’est justement la priorité du gouvernement. Cette convergence d’intérêts vient d’aboutir à la signature d’une convention de partenariat pour développer l’éducation artistique et culturelle des jeunes.

Après avoir abondé la tirelire de l’État en 2013 pour soutenir le financement de la reforme des rythmes scolaires (lire notre article), Total, cinquième compagnie pétrolière mondiale et plus gros bénéfice du CAC 40, veut continuer à « intervenir auprès des jeunes tout au long de la chaîne éducative jusqu’à leur entrée dans la vie active », « avec les autres acteurs de l’insertion ». Le 28 janvier, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, et Christophe de Margerie, PDG de Total, ont posé pour une photo-souvenir officielle et témoigné de « l’engagement partagé » des trois partenaires en faveur de la jeunesse. « Nous avons tous notre responsabilité pour accompagner les parcours d’autonomie des jeunes, a déclaré Valérie Fourneyron. Ce travail main dans la main entre nos deux ministères et Total va permettre de donner une nouvelle impulsion à l’éducation populaire, artistique et culturelle. »

Quand les choix de Total influent la politique culturelle
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A quoi serviront ces 4 millions d’euros ? A financer notamment une quarantaine de projets d’éducation artistique et culturelle, à hauteur de 50 000 euros chacun sur deux ans. Des projets qui touchent « 22 000 enfants dans 22 régions de France, en zones rurales, urbaines sensibles et mixtes », menés sur le temps scolaire, périscolaire ou de loisirs. Un partenariat qui « accompagne efficacement la réforme des rythmes scolaires dans le 1er degré », estiment les co-signataires [1].

Quelle est la contre-partie pour Total ? « L’objectif de Total n’est pas de se mettre en avant », explique à Basta ! le chargé de communication du groupe. Mais les associations financées devront apposer le logo de Total sur leurs outils de communication. (...)

Faire de la com’ ou payer des impôts ?

Une question reste en suspens : ce mécénat est-il un moyen pour Total de déduire ces dons de ses impôts ? « Non, répond le service de presse du groupe. Car Total ne fait pas de bénéfices en France, donc ne paie pas d’impôts sur les sociétés ». En raison de son activité déficitaire sur le sol national, Total n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en 2013 en France, malgré les 8,4 milliards d’euros de bénéfices engrangés par le groupe [2]. François Hollande avait annoncé en 2011 alors qu’il était candidat vouloir remédier à cette situation et instaurer une taxation particulière pour les groupes pétroliers. Qui n’a jamais vu le jour. (...)

Quatre millions d’euros, c’est donc une goutte d’eau dans la trésorerie du groupe. Moins que le salaire annuel de son PDG – 4,9 millions d’euros en 2012, en hausse de 18% ! Mais une goutte d’eau qui peut rapporter gros côté communication. Total en a bien besoin. Elle est depuis au moins cinq ans l’entreprise la moins appréciée par les Français, selon le baromètre Posternak/Ifop [4]. Jouer les mécènes en distribuant des millions, plutôt que de payer des impôts fera-t-il vraiment remonter la cote de popularité ?