Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
les nouvelles news
« Stardust » : avec les jeunes femmes précaires à Paris
Stardust de Leonora Miano, Grasset
Article mis en ligne le 19 septembre 2022
dernière modification le 18 septembre 2022

une jeune femme de 23 ans, sa petite fille dans les bras, un centre d’accueil d’urgence parisien avant l’an 2000 : « Stardust » chronique l’extrême précarité de certaines mères isolées, une situation malheureusement toujours autant d’actualité.

Léonora Miano est née à Douala (Cameroun) en 1973 elle a écrit une vingtaine d’ouvrages : « Contours du jour qui vient » a reçu le Goncourt des lycéens en 2006 puis en 2013 « La saison de l’ombre » a été récompensé du prix Fémina et du grand prix du roman métis. Je découvre – bien tardivement je l’avoue – cette autrice prolixe, avec « Stardust », paru cette rentrée chez Grasset.

C’est son premier roman, qui revient sur sa jeunesse en France, et qu’elle a commencé à écrire il y a plus de vingt ans. Si ce livre ne parait qu’aujourd’hui, c’est qu’il revient sur une période sombre de la vie de l’autrice : jeune mère de 23 ans, sans domicile ni titre de séjour, Louise (dans le roman) est recueillie avec sa petite fille Bliss à Crimée, structure d’hébergement d’urgence du 19e arrondissement de Paris.

Dans ce centre d’accueil d’urgence les séjours peuvent pourtant durer plusieurs mois faute de place ailleurs, dans des conditions qui ressemblent à l’époque davantage à celles d’une prison qu’à celles d’un refuge. (...)

Ce qui lui a permis de tenir ? Son orgueil, mais aussi et surtout sa fille. Pourquoi publier ce récit des années après ? Elle s’en ouvre dans la préface : « Mon souhait était surtout (…) de me libérer des histoires, des visages qui, plusieurs années après, continueraient de me hanter. » Le temps lui a donné de la distance, elle a changé les prénoms des femmes décrites sans que pour autant la vérité ne soit édulcorée : elle dénonce les mauvaises conditions d’accueil, la spirale de l’exclusion, la détresse, le manque de solidarité entre femmes. Le Centre Crimée parisien existe toujours mais il a été entièrement rénové il y a vingt ans, alors même que Léonora-Louise était partie vers une autre structure lui permettant de reprendre ses études de lettres. Et de devenir aujourd’hui une grande voix française de la littérature « afropéenne », comme elle se définit elle-même.