Le géant pétrolier Shell a annoncé son retrait d’Alaska après une exploration au large jugée décevante, mettant un terme à des forages qui avaient provoqué la colère des écologistes remontés contre la gestion du dossier par l’administration Obama.
La compagnie a expliqué lundi avoir creusé « jusqu’à une profondeur de 6800 pieds » (environ 2070 mètres) sous la mer des Tchouktches dans l’Arctique, où se trouve son puits « Burger J » à environ 240 km au large de la petite ville de Barrow en Alaska (extrême nord-ouest des États-Unis).
« Shell continue de reconnaître un potentiel d’exploration important dans ce bassin » pétrolifère d’une taille équivalente à la moitié de celui du Golfe du Mexique (sud-est des États-Unis), « et cette zone devrait à terme revêtir une importance stratégique pour l’Alaska et les États-Unis », a déclaré Royal Dutch Shell dans un communiqué.
« Toutefois, le résultat de l’exploration est clairement décevant pour cette partie du bassin », a-t-elle ajouté. (...)
Le géant pétrolier avait débuté fin juillet ses opérations de forage dans cette zone, après avoir reçu l’accord du président Barack Obama, ce qui avait provoqué la colère d’organisations écologistes, Greenpeace dénonçant d’« immenses risques pour les populations de l’Arctique, la faune et notre climat ».
Des défenseurs de l’environnement avait même fustigé l’« hypocrisie » du président américain qui martèle depuis plusieurs mois la nécessité de prendre des mesures ambitieuses dans la lutte contre le changement climatique, à quelques mois de la conférence de Paris (COP21), en décembre, qui vise à conclure un accord international pour contenir les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique à 2°C. (...)
Shell a précisé qu’elle enregistrerait des charges financières à cause de ce retrait, qui seront détaillées lors de la présentation de ses résultats financiers le 29 octobre. La compagnie a simplement souligné que son activité en Alaska pesait quelque 3 milliards de dollars dans son bilan et qu’elle devrait payer environ 1,1 milliard de dollars aux sous-traitants en vertu d’engagements préalables.