Lors de l’examen du projet de loi confortant les principes de la République, la droite sénatoriale a voté un amendement qui permet aux maires d’interdire les drapeaux étrangers dans la salle de mariage et aux abords de l’Hôtel de ville. Les échanges étaient une nouvelle fois vifs sur ce sujet.
« La question de fond, c’est qu’est-ce que viennent faire des drapeaux dans un mariage ? On n’est pas au match de foot […] Les drapeaux, on ne les voyait pas il y a quelques années. Posons-nous la question : pourquoi ces drapeaux envahissent l’espace public ? » Pour la rapporteure LR du projet de loi, Jacqueline Eustache-Brinio, « cet amendement tombe à pic ».
L’amendement en question, celui déposé par le sénateur LR Henri Leroy a été adopté dans la soirée lors de l’examen du projet de loi confortant les principes de la République. Il autorise le maire à « réglementer le fait d’arborer des drapeaux autres que ceux de la République française ou de l’Union européenne lors de la célébration de mariages ou de l’enregistrement de pactes civils de solidarité ».
« Un amendement scandaleux, à la limite du racisme d’Etat », pour Thomas Dossus, sénateur écologiste.
« On va interdire aux Algériens aux Marocains… de se marier aussi ? […] Vous rejetez complètement des personnes qui font partie de notre Nation […] Vous attaquez et empêchez les musulmans de vivre normalement », s’est désespérée sa collègue écologiste, Esther Benbassa. (...)
La ministre en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa a émis un avis défavorable. « J’ai le sentiment qu’on fait dire beaucoup de choses aux drapeaux dans ce débat […] On a chacun des avis personnels sur la manière dont nous avons célébré des mariages ou notre propre mariage […] comme rappeler avec fierté qu’on célèbre un mariage mixte avec un drapeau français et celui d’un autre pays, ça ne me choque pas », a-t-elle jugé. (...)
Cette surenchère xénophobe est terriblement dangereuse. Elle est rendue possible par un pouvoir qui organise ces termes du débat. À nous de tenir tête, franchement. https://t.co/w07xgmzx3q
— Clémentine Autain (@Clem_Autain) April 2, 2021
Le député François de Rugy parlait de "République de la délation", de "vengeance", "rumeurs", "accusations injustes", "mensonges" et "manipulation". Il comptait sur la justice pour trancher.
Mediapart, attaqué en diffamation par l'ex-ministre, est relaxé. https://t.co/Yps2Tlacgt— David Perrotin (@davidperrotin) April 2, 2021