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Les Mots sont importants
Rupture anarchiste et trahison proféministe
La préface de Mademoiselle au recueil de textes de Léo Thiers-Vidal
Article mis en ligne le 26 juin 2013
dernière modification le 21 juin 2013

Le sexisme au sein même de la gauche ou de l’extrême-gauche atteint parfois des proportions inquiétantes. Le Collectif Les mots sont importants offre à ses lectrices militantes deux remèdes au découragement qui pourrait les guetter. D’abord la lecture de l’article inégalé de Christine Delphy « Nos amis et nous ». Nous vous recommandons aussi le recueil de textes de Léo Thiers-Vidal, auteur d’une thèse sur la conscience de domination des hommes et de textes divers publiés entre 1996 et 2006. Dans ces articles, il analyse sans concession les formes, ouvertes ou plus subtiles, que prend le masculinisme en milieu militant, notamment anarchiste. En guise d’introduction à cette lecture, nous reproduisons la magnifique préface de Mademoiselle.

En tant que féministe, je n’attends pas Le Sauveur. Je sais que, quelque soit l’homme qui est en face de moi, il est celui qui bénéficie de l’oppression des femmes, de l’oppression que, jours après jours, je subis. Quoiqu’il en dise. Qu’il l’admette ou non. Je l’ai appris à mes dépens, après des années de discussions affectueuses mais infructueuses auprès de mes camarades et compagnons.

Au départ, je voulais tenter de changer les choses en faisant appel, avec le plus de pédagogie possible, à leur cohérence, amour et amitié. Il faut bien l’avouer, cette méthode a toujours lamentablement échoué. À présent, je trouve que le petit cri que j’ai longtemps poussé, « s’il te plaît, renonce à tes privilèges et cesse de m’écrabouiller, si tu veux bien, tu seras gentil, s’il te plaît, s’il te plaît ! », était un petit cri assez pitoyable. Mais c’était le seul petit cri que je savais pousser. Quand on vous coince les doigts dans une porte, il est assez surprenant de constater la première fois, que tout ce qu’on sait faire c’est de demander gentiment si on n’a pas sali la peinture avec son sang, avant de s’excuser puis de nettoyer. Pire, plus on se fait coincer les doigts dans cette porte, moins on pense qu’il nous est possible de faire autre chose que de pousser ce petit piaillement.

Car nous sommes dressées à nous excuser lorsque l’on nous coince les doigts dans la porte. (...)