Alors que s’achèvent des élections locales qui auraient dû, promesses obligent, être ouvertes aux électeurs étrangers, mais une fois de plus ne l’ont pas été, alors qu’une fois de plus l’abstention atteint un niveau record parmi les classes populaires et l’électorat de gauche, alors qu’une fois de plus c’est la droite et l’extrême droite la plus raciste qui profitent du jeu électoral, il nous parait utile de republier ce texte de Saïd Bouamama. Extrait de l’indispensable J’y suis j’y vote, publié il y a maintenant treize ans [1], ce texte souligne l’importance du combat pour l’égalité complète des droits politiques entre nationaux et étrangers, ce qui implique un droit de vote et d’éligibilité à toutes les élections, locales et nationales.
Les conséquences de la situation actuelle de non-accès des étrangers aux droits politiques ne sont pas secondaires. Nous avons démontré précédemment le caractère erroné des principaux arguments avancés pour s’opposer aux droits politiques des étrangers. La véritable raison se trouve ailleurs. Elle se trouve dans les préoccupations électoralistes de l’essentiel de la classe politique française la conduisant à être prisonnière du terrain de débats qu’à réussi à imposer le Front National depuis de nombreuses années.
Cela a conduit dans le passé au fameux “ seuil de tolérance est atteint ” de François Mitterand et au tout aussi célèbre “la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ” de Rocard. Cela a également mené Miterrand à ne pas tenir sa promesse électorale d’octroi du droit de vote municipal pendant deux mandats et Jospin à l’éliminer tout simplement de son programme. Cela oriente ensuite Chevènement vers une volonté de “ dépassionner le débat ” en empruntant à la droite sa manière de gérer la question des “ sans-papiers ”. Enfin et surtout cette situation conduit à chaque échéance électorale à une surenchère de discours stigmatisant l’immigration et lui faisant jouer une fonction de bouc-émissaire responsable de l’ensemble des maux de la société française.
Que l’analyse se centre sur les conséquences négatives de cette exclusion de la citoyenneté ou qu’elle privilégie les effets prévisibles d’un accès aux droits politiques, le résultat est le même : l’urgence d’une mobilisation pour faire avancer cette exigence.
Les effets d’une exclusion de la citoyenneté (...)