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Primauté de l’économie matérielle sur le développement humain : un univers concentrationnaire
par Marianne mardi 12 mars 2013
Article mis en ligne le 16 mars 2013
dernière modification le 12 mars 2013

L’économie est devenue incontournable dans notre actualité quotidienne, dans la politique. Elle conditionne le social et passe souvent au premier plan avant d’autres considérations sur notre bien-être, sur la protection de notre environnement et de nos paysages, sur la justice sociale, sur la qualité de notre éducation et de notre santé. La crise oblige à choisir (à l’origine, krisis du grec signifie décision, choix), à faire des arbitrages. Et l’industrialisation ou l’optimisation de notre organisation sociale, où prime l’économie, pousse à la concentration, à l’univers concentrationnaire.

Tout se paye et lorsque l’Etat manque d’argent, quand le pouvoir d’achat est à la baisse, quand il faut concilier l’assainissement des finances face au surendettement et ne pas sombrer dans une trop grande austérité qui pourrait compromettre la croissance, alors la gestion de la pénurie sacrifie le développement humain sur l’autel de l’économie matérielle. (...)

Même les mécanismes de solidarité que nous avons mis en place, tels que les indemnités chômage, les prestations sociales, les pensions de retraites et les institutions médicalisées pour personnes âgées ou pour handicapés, sont des solutions matérielles d’assistance et de redistribution d’argent où l’Etat et la collectivité en général se font médiateur sans néanmoins s’occuper du lien social et affectif, de l’utilité sociale des individus, du sens donné à leur vie. Nous avons délégué la solidarité matérielle à l’Etat et la solidarité sociale aux associations caritatives, auxquelles nous faisons des dons. Ainsi, nous nous affranchissons d’obligations d’assistance mutuelle, intergénérationnelles comme internes aux communautés de voisinage, qui sont indispensables à la survie communautaire dans les sociétés plus « primitives ». (...)

Alors qu’on parle de « la dépendance », comme un concept, comme une assurance qui serait une nouvelle branche de la sécurité sociale, on ne dit rien sur la réalité humaine de ces personnes âgées atteintes d’Alzheimer (touchant 860 000 personnes en France) ou d’AVC (500 000 avec séquelles), de leur souffrance et des problèmes insurmontables des familles, pour assumer sur le plan financier aussi bien que sur le plan moral.

Nous retrouvons l’univers concentrationnaire aux restaurants du cœur où, malgré la générosité et la bienveillance des bénévoles, la concentration de misère est également choquante. Les bidonvilles ou favelas sont aussi des concentrés de misère humaine, de même que l’élevage industriel avec tous ces animaux parqués, en batterie, conduits à l’abattoir à la chaîne, est aussi un concentré de misère animale.

J’ai la même impression d’univers concentrationnaire en faisant les courses dans un hypermarché avec ses queues en caisse, ou encore en voyant ces vacanciers sur les plages bondées, dans les camps de vacances ou sur les paquebots de croisières, un univers concentrationnaire ici choisi (...)