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Près de Rennes, un projet de parc d’attraction soulève une opposition agricole unanime
Article mis en ligne le 10 mars 2018
dernière modification le 9 mars 2018

Les trois syndicats agricoles FDSEA, Confédération paysanne et Coordination rurale ainsi que la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine s’opposent à un projet de parc d’attractions au sud de Rennes. Au moins 80 hectares de terres arables sont menacés d’artificialisation.

(...) En tant qu’organismes professionnels agricoles, nous ne pouvons cautionner l’artificialisation de 82 hectares. […] Nous sommes sensibles bien évidemment à l’argument de l’emploi, mais mettre en avant ceux créés par le parc d’attractions sans prendre en compte la précarisation de l’emploi agricole direct et indirect qu’entraîne le projet n’est pas juste. Avoir des paysans nombreux, installés sur des fermes à taille humaine c’est aussi de l’emploi et c’est en plus le maintien d’un tissu rural vivant, des commerces, des écoles de campagne. »

Cette lettre ouverte a été signée le 24 août 2017 par la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles), la Confédération paysanne, la Coordination rurale et Agrobio 35. Elle a ensuite été adoptée à l’unanimité en tant que vœu par la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine lors de sa session plénière en novembre. (...)

Malgré cela, les négociations sont allées bon train pour fixer un prix de vente du terrain. La Safer, société chargée de la gestion des terres agricoles, l’a évalué à 2.700 euros l’hectare, moins cher que la valeur des terres dans le secteur, qui flirtent plutôt avec les 4.000 euros. Les élus se frottent les mains, voilà un prix attractif pour le parc d’attractions.

Déterminés à garder ces terres dans le giron agricole

Les agriculteurs, eux, se disent que ce sera enfin l’occasion pour eux d’acheter les terres qu’ils exploitent. Tous se portent acquéreurs. Car neuf exploitations agricoles se partagent aujourd’hui ces 80 hectares consacrés à l’élevage (porc, volaille, vaches et chèvres). « Le problème est que nos baux sont précaires », explique Sébastien Vétil, éleveur de vaches armoricaines. Les terres appartiennent depuis une trentaine d’années à l’entreprise Butagaz, qui comptait y implanter un site d’enfouissement de gaz, un projet avorté. En attendant de vendre ses terres, Butagaz les a mises à disposition, gratuitement, aux agriculteurs sous la forme de baux précaires ; ceux-là ne sont donc ni propriétaires ni locataires. (...)

Que les agriculteurs souhaitent devenir propriétaires, cette hypothèse n’a semble-t-il pas été envisagée par la communauté de communes. Alors que Butagaz était favorable à un arbitrage de la Safer pour décider de l’attribution des terres, cela ne semble plus être le cas car, selon Ghislaine Pain, cheffe de service Ille-et-Vilaine de la Safer, aucune information, modalité, ni condition de vente ne lui a été communiquée de la part du propriétaire.

En effet, une autre option a été choisie. Philippe Gourronc, le président de la communauté de communes, a annoncé sur les ondes locales de radio Laser début janvier, que l’approbation du parc d’attractions passerait par une déclaration d’utilité publique. Cet outil permettrait selon lui de faire la preuve de l’utilité de cet aménagement et d’œuvrer pour un regain de transparence. Pour les militants de La Puce et des syndicats agricoles, c’est un moyen de contourner la Safer. (...)

Déterminés à garder ces terres dans le giron agricole, syndicats, chambre d’agriculture, éleveurs et habitants font front commun. L’intersyndicale a demandé à rencontrer la Safer, mais aussi les élus. À cela s’ajoutent les élections qui se profilent dans les mois à venir dans la commune voisine de Goven, à la suite de plusieurs démissions au sein du conseil municipal. (...)