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Le Point
Pollution et marées noires au Nigeria : Amnesty accuse Shell et ENI
Article mis en ligne le 17 mars 2018
dernière modification le 16 mars 2018

Amnesty International presse le Nigeria d’ouvrir une enquête sur 89 déversements d’hydrocarbures qui ont eu lieu dans la région pétrolière du Delta (sud-est), "l’un des endroits les plus pollués de la planète", accusant Shell et ENI d’avoir dissimulé les causes de pollution.

Dans un rapport publié vendredi, l’ONG internationale de surveillance des droits de l’Homme affirme qu’il existe de "bonnes raisons de douter" des arguments avancés par les deux multinationales pour justifier les causes de ces marées noires.

Amnesty assure que dans le cas de 89 fuites (46 sur des pipelines opérés par la filiale de Shell (Shell Petroleum Development Company of Nigeria) et 43 sur ceux de Nigerian Agip Oil Company, la branche locale de l’Italien ENI), la pollution pourrait davantage être dues à la mauvaise maintenance des infrastructures et à la corrosion des oléoducs, qu’à des actes de vandalisme.

Encouragées à opérer dans une plus grande transparence, les deux compagnies publient le décompte des déversements accidentels d’hydrocarbures dans des rapports annuels. (...)

"Shell et ENI affirment faire tout leur possible pour prévenir les déversements d’hydrocarbures, mais les recherches (...) laissent à penser qu’il en est autrement", explique Mark Dummett, chercheur pour Amnesty International.

Elles "ignorent souvent les signalements de fuites pendant de longs mois", poursuit-il, atterré par "l’imprudence" des compagnies responsables du drame écologique dans "l’une des régions les plus polluées au monde".

Les sociétés pétrolières accusent des "personnes-tiers" d’être responsables de sabotage des infrastructures : les groupes armés qui opèrent dans la région et les communautés qui percent les oléoducs pour monter des raffineries illégales dans les criques et revendre le pétrole au marché noir.

Éviter d’indemniser
"Cette affirmation est contestée par les habitants du Delta qui risquent de ne pas être indemnisés si les entreprises attribuent les fuites à des tiers", note le rapport.

L’ONG accuse les multinationales de ne pas faire la vérité sur les fuites pour éviter de payer des dommages et intérêts aux communautés locales. (...)