(...) le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique. "Nous sommes confrontés à une menace existentielle directe", dit-il. "Le changement climatique est la question déterminante de notre époque - et nous sommes à un moment décisif. Le changement climatique évolue plus vite que nous et sa rapidité a provoqué un séisme à travers le monde."
Pour lui, c’est clair : "Si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent."
Le secrétaire général de l’ONU dresse un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : "Nous connaissons des températures record dans le monde entier", dit-il. "Selon l’Organisation météorologique mondiale, au cours des deux dernières décennies, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées et cette année s’annonce comme la quatrième plus chaude. Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation." (...)
"beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter." Et selon lui, les résultats sont déjà visibles. "Dans certaines situations, ils ressemblent aux pires scénarios des scientifiques." (...)
Face à ce désastre annoncé, Antonio Guterres estime qu’il est encore possible d’agir. Même si manque selon lui la volonté politique des dirigeants. "Nous savons ce que nous devons faire. Et nous savons même comment le faire. Nous avons les outils pour rendre nos actions efficaces."
L’Accord de Paris, signé il y a trois ans, qui qui prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique "bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels", était "vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique". Mais même ces objectifs ne seront pas tenus. "Ce qui nous manque encore, même après l’Accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qui est nécessaire."
Antonio Guterres en appelle aux dirigeants, et appelle chacun à se mobiliser. "Il est impératif que la société civile -jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde— demande des comptes aux dirigeants", a insisté le secrétaire général des Nations unies. Dans son discours, il cite plusieurs pistes : "Nous devons arrêter la déforestation, restaurer les forêts détériorées et changer notre manière de cultiver". Il faut aussi revoir "la manière de chauffer, de refroidir et d’éclairer nos bâtiments pour gaspiller moins d’énergie". (...)