L’aviation est un des deux seuls secteurs au monde sans objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il est même prévu que ses émissions augmentent de 300 % à 700 % d’ici à 2050 si rien n’est fait. Du 27 septembre au 7 octobre, à Montréal, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a l’intention de repousser à 2027 tout véritable engagement, tout en introduisant de la compensation carbone. Avec de nombreuses autres organisations, nous rejetons cette proposition contradictoire avec l’impératif climatique et nous appelons l’OACI à réduire ses émissions sans tarder et à exclure, comme première étape, tout dispositif de compensation.
Les gaz à effet de serre issus du transport aérien ont doublé depuis 1990, faisant de l’aviation mondiale le septième plus gros pollueur au monde. C’est particulièrement disproportionné quand on sait que ces émissions sont causées par moins de 10 % de la population mondiale. Epargné par l’Accord de Paris (voir cet article), le secteur de l’aviation ne doit plus tarder pour se conformer à l’impératif climatique : la proposition de l’OACI, qui vise à atteindre une « croissance neutre en carbone », manque sérieusement d’ambition, notamment parce qu’elle repose principalement sur la compensation carbone.
La compensation carbone est un dérivatif facile pour qui ne veut pas réduire ses émissions de GES. Elle permet de se limiter à déplacer les émissions de GES d’un secteur à un autre avec à la clé, au mieux, un résultat nul. (...)
Les organisations à l’initiative de la pétition ci-dessous et signataires de la déclaration publiée au mois d’avril, exigent des membres de l’OACI de s’assurer que les mesures qui seront adoptées à Montréal représentent une contribution juste et adaptée à l’effort global pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C, ou idéalement en-deçà de 1,5°C comme le prévoit l’article 2 de l’Accord de Paris. Il ne saurait y avoir de propositions sérieuses sans objectif contraignant et ambitieux de réduction d’émissions, et ce, sans utilisation de la compensation carbone.
Le gouvernement français, en tant que président de la COP 21, ne doit pas accepter un dispositif de compensation carbone qui ne ferait que nous éloigner des objectifs fixés dans le cadre de l’Accord de Paris : sans objectifs clairs et sans règles strictes, un accord de l’OACI sur le climat sera un vol sans destination d’arrivée.
Signez la pétition !