Monsieur le président,
Dans quelques semaines, début Juillet, vous devez vous rendre en Tunisie. Ce sera votre première visite officielle dans ce pays qui traverse une période de transition incroyablement complexe et difficile, partagée entre les espoirs soulevés par la révolution et l’angoisse de voir un régime autoritaire succéder à un autre. Au moment où vous foulerez le sol de Tunis, vous aurez en tête ce contexte, éminemment délicat, mais nous vous demandons de garder en tête quatre visages et prénoms. Amina, Pauline, Joséphine et Marguerite.
Une Tunisienne, une Allemande et deux Françaises. Quatre FEMEN. Elles croupissent actuellement en prison à cause de sanctions totalement disproportionnées au regard de leurs actes et contraires aux normes attendues d’un Etat de droit.
Trois d’entre elles, dont deux activistes françaises, viennent d’écoper de quatre mois de prison ferme pour avoir manifesté seins nus devant le Palais de justice. Un acte considéré comme une "atteinte à la pudeur, aux bonnes mœurs et trouble à l’ordre public", alors qu’il s’agissait d’une protestation pacifique, demandant la libération d’Amina, la première FEMEN tunisienne, elle-même détenue de façon arbitraire depuis plusieurs semaines.
Son crime ? Un simple tag. Avoir tracé le mot FEMEN sur un muret (...)