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Par leur discours les idéologues sévissent...
/Cédric Herrou
Article mis en ligne le 3 novembre 2020

Par leur discours les idéologues sévissent, par leur discours les esprits fragiles agissent, par leur discours haineux, raciste et fasciste la menace terroriste passe à l’acte, laissant des familles dans le deuil d’une mort violente.
Notre envie de vengeance plus forte que l’envie de consoler nous éloigne les uns des autres pour nous plonger dans le conflit.

Le deuil devrait nous rassembler, mais nous nous déchirons. Certains idéologues, censés être du camp opposé aux terroristes, alimentent haine et clivage, tel un miroir ils reflètent leur similitude, ils gesticulent, lèvent le bras droit quand les islamistes lèvent le gauche. Les idéologues islamistes radicaux ou d’extrême droite, petits nantis au ventre rond assis confortablement dans leur salon commercent la peur, le clivage, le racisme, l’intolérance, le mépris des femmes, des homosexuels. Ils sont « contre », jamais « pour », contre la différence, la liberté, la fraternité, l’égalité. Contre les autres, différents d’eux. Leur outils-victimes, personnes instables et manipulables, désœuvrés par la précarité empruntent la seule porte qui leur semble ouverte, celle de la radicalité. Elles se glissent dans le couloir de la haine, plus aucune fenêtre ne s’ouvre, n’entendent qu’une seule voix celle de ces nantis au ventre rond. Prendront-elles l’élan de la folie meurtrière ? Espérons que non.

Je pressens un futur où nous regretterons le passé, un futur meurtrier, ou l’action violente remplacera le débat. Ou la cause deviendra souffrance puis la souffrance deviendra leur cause.

Ils crient à la fermeture des frontières (ce qui est déjà le cas depuis 2015, et n’empêche pas l’entrée sur notre territoire d’étrangers). Leur solution, serait de laisser les étrangers sans papiers, sans accès à la demande d’asile, errer clandestinement, sans ressource. La précarité fragilise, elle rend l’Homme à l’état de déchet non désiré, pourrissant sur notre sol, une pourriture devenant le terreau des idéologues manipulant les esprits de ces gens décomposés. Comment la France pourrait-elle se risquer à fournir encore des cerveaux fragilisés par la précarité aux fascistes islamistes ?

Nous cherchons à donner à ces assaillants terroristes une raison à leurs actes : idéologique, religieuse et/ou politique, comme si leurs actes étaient nés d’une réflexion sensée. Pensons-nous vraiment qu’un homme qui en égorge un autre peut être doté d’une quelconque raison ou philosophie politique ou religieuse ? L’Homme qui donne la mort d’une manière aussi effroyable ne peut pas être considéré comme un homme apte à légitimer un tel acte par idéologie. L’homme qui égorge n’est plus un Homme, il n’est pas même un animal, il est Folie insensée. Son acte ne peut être pardonné, il doit être combattu, et pour le combattre combattons l’Etat islamique, non ses victimes. La haine et la vengeance sont de mauvais conseil, elles nous plongeront dans la violence et la peur. Ne nous trompons pas d’ennemis, ne nous trompons pas de combat, ne nous trompons pas de stratégie et par pitié ne nous laissons pas manipuler par le miroir du fanatisme.

La stigmatisation est voie facile, ma grand-mère allemande l’avait subie quand elle avait fui l’Allemagne. Parce qu’à cette époque « Les Allemands étaient tous des Nazis ».

Je voudrais finir ce texte à l’attention de ces dizaines d’hommes qui m’ont menacé de mort suite à la diffamation de certains élus d’extrême droite et certains idéologues. Sachez messieurs que je ne souhaite pas me battre contre vous, mais si, pour garder mon intégrité et celle de mes semblables il le faut alors je le ferai, et je vous combattrai sans haine mais non sans violence.
Cédric Herrou