
Quelle place donner à l’erreur dans le système éducatif ? On sait que la peur de se tromper est un tel frein chez les élèves français que c’est un élément d’explication pour nos mauvais résultats dans PISA. Yves Reuter, professeur en didactique du français à Lille 3 et fondateur du laboratoire Théodile, lui consacre un petit ouvrage plein de finesse qui vise à disséquer la bête pour mieux la connaître.
Yves Reuter découvre ainsi que l’erreur est plutôt un dysfonctionnnement, un terme plus propre à l’étude. Il nous fait découvrir qu’il a un sens, qu’elle nous apprend beaucoup de choses sur nos disciplines et nos façons d’enseigner. Le dysfonctionnement fonctionne un peu comme un indice révélateur de l’enseignement. Au delà du jeu de mots, "Panser l’erreur" prend alors tout son sens. C’est par l’erreur que l’on découvre le savoir disciplinaire et qu’on observe ses pratiques.
En 150 pages, c’est un sacré voyage que nous fait faire Yves Reuter. Ancien enseignant, il aide à mieux comprendre le fonctionnement des élèves. (...)
"... la position qui consiste à porter des jugements négatifs sur l’erreur empêche de voir son caractère structurel. L’erreur est liée aux apprentissages de l’école. Elle interroge les apprentissages. Elle est parfois nécessaire et normale dans certaines phases des apprentissages. Elle interroge les disciplines. C’est une sorte de témoin précieux pour le maître. D’ailleurs dans d’autres activités que l’enseignement on s’y intéresse beaucoup. C’est le cas en médecine ou dans les transports où on travaille beaucoup sur le dysfonctionnement. Les erreurs sont enseignées pour améliorer le système. " (...)