Objectif : une croissance, désirée et désirable, pilotée et mesurée à l’aide de nouveaux indicateurs de richesse. D’où le besoin d’indicateurs complémentaires du PIB, pour la définition et l’évaluation des politiques publiques. 1. L’adoption en 1ère lecture par le Sénat et l’Assemblée nationale (respectivement, le 2 avril et le 29 janvier derniers) d’une "petite loi" 1 pour un grand pas hors du PIB totemique prélude au Printemps de l’économie (13-17 avril 2015). Au moins, d’une table ronde organisée par France Stratégie intitulée « Les indicateurs complémentaires au PIB peuvent-ils changer l’action publique ? » 3. Pour l’heure, florilège des échanges au Sénat, concluant la proposition de loi adoptée en 1ère lecture.
(...) En vue, un prochain tableau de bord d’indicateurs complémentaires au PIB, pour -en principe- jauger les résultats de la politique gouvernementale et orienter les décisions budgétaires à venir de la France.
A la clé de cette initiative, espère Eva Sas, une consultation citoyenne : « la plus large possible. Aux citoyens de s’approprier cette loi en déterminant collectivement quels sont les indicateurs de progrès de notre société ». Au fait, qu’est-ce qu’une société « qui va bien » : de l’espérance de vie en plus, des inégalités de revenus moindre… Font-ils selon vous partie des critères, citoyens ? Et quid de l’empreinte écologique, des investissements d’avenir, du niveau d’éducation à viser ou de l’accès à un logement décent ? La liste des desiderata n’est pas close...
Un tableau de bord décidé par qui ?
« Aux Français de répondre à ces questions ! Ensuite, au gouvernement de s’emparer du sujet et d’évaluer les progrès ou les reculs de la France sur tous ces indicateurs, dès le budget 2016 » rêve la députée écologiste attachée à cette loi. 5. Cela ne semble pas du goût de tous les parlementaires ; ainsi, parmi les intervenants du débat du jour 6 : « La liste des indicateurs doit être confiée au Parlement et non à je ne sais quel organisme de démocratie participative ». Entre parenthèses, au fil de sa plume Corinne Lepage 7 rapporte justement que dans d’autres démocraties que la France, les processus de consultation des citoyens « ne sont ni méprisées ni vues comme concurrentes par les parlementaires »… Ce n’est pas cette réplique de sénateur qui nous convaincra qu’elle exagère !
Une commission conjointe du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) et de France-Stratégie (ex-Commissariat au Plan) doit se prononcer sur les dits indicateurs à considérer.