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Orelsan condamné, l’incitation à la violence misogyne recule
Article mis en ligne le 3 juin 2013

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné de rappeur pour injures et provocations à la violence à l’égard des femmes. Une première décision qui responsabilise les artistes.

C’était en 2009. Plusieurs associations féministes faisaient pression pour que le chanteur Orelsan ne soit pas invité au Printemps de Bourges. Pas question que des fonds publics soutiennent un chanteur qui vocifère « sale pute » et autres propos haineux pouvant constituer autant d’incitations à la violence et à la haine envers les femmes ou une banalisation de cette violence. Le Président du Conseil Régional du Centre menaçait même de diminuer la subvention allouée au festival. Suivit l’inévitable affrontement entre ceux qui prônaient la liberté artistique sans limite, invoquant la « liberté d’expression » et ceux qui affirmaient que cette liberté devait trouver ses limites à la frontière de l’incitation à la violence. Politiques et artistes influents s’en mêlèrent.

Cinq associations, les Chiennes de garde, le Collectif féministe contre le viol, la Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et le Mouvement français pour le planning familial ont alors porté plainte « pour injures publiques à raison du sexe, et incitation à la haine, à la violence et aux discriminations à raison du sexe » (...)


Le tribunal correctionnel de Paris leur a donné raison le 31 mai,
déclarant le rappeur coupable d’injure et provocation à la violence à l’égard des femmes pour certains de ses textes. Orelsan a été condamné à 1.000 euros d’amende avec sursis. Ce que le tribunal a retenu cette fois-ci est la généralisation des propos (...)

Pour les juges - et c’est une première - cette banalisation de « comportements et de propos sexistes, violents et dévalorisants » est « de nature à créer, de manière directe ou à tout le moins insidieuse, un état d’esprit propre à susciter chez certains spectateurs, et particulièrement les plus jeunes, la reproduction (...) des violences physiques et morales, aussi systématiques que gratuites, faites aux femmes au seul motif qu’elles sont des femmes ». (...)

Le tribunal a aussi fait observer que le chanteur avait conscience des possibles conséquences de ses chansons puisqu’il n’en interprète pas certaines si le public est trop jeune. « C’est ma responsabilité d’artiste », avait-il dit à l’audience. Le tribunal a vu dans ces propos une « particulière ambiguïté » et une « parfaite conscience des risques incitatifs que pouvaient représenter ses chansons ».
(...)