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On veut savoir ce qu’on mange !
Article mis en ligne le 13 avril 2014
dernière modification le 10 avril 2014

Chronique d’une initiative d’économie locale et solidaire au Bénin

En mai 2013, cinq femmes de la commune de Abomey, dans la zone péri-urbaine de Cotonou, sont venues voir Émilie Atchaka du Cercle d’autopromotion pour le développement durable (Cadd-Bénin) qui « soutient des groupements de femmes autour de micro-projets communautaires, identifiés par les femmes elles-mêmes, pour améliorer leurs conditions de vie ». Elles lui ont expliqué qu’elles en avaient assez de ne pas savoir d’où venaient les produits qu’elles mettaient dans la marmite. Elles avaient une idée ! (...)

Elles voulaient élever des lapins qu’elles nourriraient exclusivement de ce qu’elles cultiveraient. Elles utiliseraient les excréments de leurs lapins pour fertiliser la terre dans laquelle leurs légumes pousseraient. Finis les engrais, les pesticides qui empoisonnent le sol et les êtres humains !

Choisir d’élever des lapins assure des résultats très rapides. En effet, une lapine peut avoir 5 à 6 portées par an, à raison de 6 et 9 lapineaux à chaque fois. Émilie s’est rendue à l’université de Cotonou pour trouver toutes les informations possibles concernant la cuniculture, les soins quotidiens et le suivi vétérinaire des lapins.

En août 2013, grâce à Quinoa, une ONG belge qui se donne pour objectif « d’accompagner les citoyen(ne)s afin de renforcer leurs capacités à s’engager individuellement et collectivement dans des alternatives porteuses de changement social », le projet de ces femmes de Abomey a pu voir le jour.

Avec les 1000 € alloués, elles ont pu faire installer une citerne, construire des clapiers, acheter les premières graines de légumes et 8 gros lapins, 6 femelles et 2 mâles. Leur structure, Vinandou, était prête. Vinandou signifie « nos petits enfants profiteront de ce projet ».

Cela montre à quel point ces femmes sont conscientes qu’il ne faut pas seulement travailler au jour le jour pour survivre, mais qu’il est nécessaire de savoir se projeter sur le long terme pour participer au développement des peuples.

Vinandou fonctionne grâce à son conseil d’administration chargé de l’organisation du travail et du planning des tâches quotidiennes. Aujourd’hui, elles sont 20 femmes à travailler sur la structure. Le matin est consacré au maraîchage, à l’arrosage des légumes et à l’arrachage des mauvaises herbes. (...)

Retrouver ce savoir-faire d’antan, réinstaurer l’économie locale, redéfinir les valeurs ancestrales, c’est certainement aussi réveiller le désir d’agir pour pouvoir enfin envisager une vie nouvelle.