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Non, le déficit du régime des retraites par répartition n’est pas alarmant
Article mis en ligne le 9 décembre 2019
dernière modification le 7 décembre 2019

Pour faire passer son projet de réforme, le gouvernement multiplie les discours alarmistes sur le déficit du régime actuel. Sauf que celui-ci n’est pas si important et qu’il pourrait être facilement comblé. Explications.

Le gouvernement est manifestement prêt à tordre les faits et les chiffres pour vendre son projet de réforme des retraites. Fin novembre, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a rendu publique sa dernière analyse sur le déficit du régime actuel de retraites. Le COR est un groupe d’experts, de parlementaires, de représentants syndicaux et patronaux, chargé d’étudier les perspectives à moyen et long terme du système de retraite français [1].

L’organisme avait déjà rendu un rapport en juin. La grève du 5 décembre s’annonçant massive, le gouvernement en a commandé un nouveau [2]. Pour l’économiste Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés, l’objectif du gouvernement est clair : « Il s’agit de montrer que le système est déficitaire et donc qu’il faut des mesures de correction avant 2025, date envisagée de mise en place de la retraite par points », écrit-il.
Le pays où les retraités sont les moins pauvres d’Europe

C’est le cœur de la réforme : remplacer le système actuel par répartition, qui fonctionne par annuités (en fonction des trimestres travaillés) et par la prise en compte des meilleurs revenus pour calculer le montant de la pension, par un système à points. En garantissant un revenu après la « vie active », ce système par répartition a permis à la France d’afficher le taux de pauvreté le plus faible d’Europe parmi les plus de 65 ans : 8,3 % des retraités y vivent sous le seuil de pauvreté contre 15,9 % en moyenne pour l’Union européenne, et plus de 18 % en Allemagne ou au Royaume-Uni selon Eurostat.

Au contraire, dans un système à points, les travailleurs ne peuvent pas savoir au moment où ils cotisent à combien ils auront droit au moment de prendre leur retraite. Cette réforme risque fort, si elle est mise en œuvre, de faire baisser le niveau général des retraites, et d ’appauvrir une grande partie des retraités. (...)

La stratégie du gouvernement : faire croire que le déficit est dramatique (...)