Charnières indispensables entre les médecins et les patients, sans elles rien ne serait possible dans le monde hospitalier. Regroupées au sein de l’association « Ni bonnes ni nonnes ni pigeonnes » (NBNNNP) les infirmières et les aides-soignantes ont manifesté dimanche 12 mai à l’occasion de la journée internationale des infirmières.
Venues des quatre coins de l’Hexagone, plus d’une centaine de blouses blanches floquées de têtes de pigeons [en référence au mouvement des entrepreneurs "We are pigeons"] ont conflué vers les marches de l’Opéra Bastille, ce dimanche 12 mai après-midi, pour soutenir la manifestation de leur association « Ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes »
« Écoute-nous Marisol ou on te met la camisole », « La rentabilité nous a tuées », « Soignants-soignés, tous unis pour la santé » : slogans et colère battent le pavé de la place de la Bastille. Ces aides souriantes qui perdent un peu le sourire protestent contre la pénibilité et la dégradation constante de leurs conditions de travail, qui ont pour conséquences « catastrophiques » la mise en danger du patient, le risque accru d’erreur professionnelle et la détérioration de leur état de santé. (...)
« J’ai choisi ce métier par vocation pour le soin, pas pour la rentabilité. L’humanité s’envole alors que la santé devrait être prioritaire dans un état de droit ». Ce cri du cœur vient cette fois de Stéphane Lapointe, infirmier libéral à Nancy et administrateur de NBNNNP. Il s’est engagé dans l’association pour empêcher « la dérive de notre système de soin juste et solidaire vers les modèles libéraux du Canada et des Etats-Unis ». (...)
« E-pui-sée ». Ces trois petites syllabes barbouillées en rouge sur la blouse immaculée de Laurence Bregeon sonnent le glas. Infirmière urgentiste en Eure-et-Loir, elle dénonce « l’abattoir des urgences : avec 120 à 130 patients par jour, c’est du travail à la chaîne auquel nous n’avons pas les moyens de répondre ». Témoin de la souffrance de ses pairs, Laurence rappelle les chiffres : « 20 suicides de soignants en 2012 ». Positive malgré tout, elle salue le rôle fédérateur de l’association NBNNNP qui lui a redonné espoir et permet de casser l’isolement des soignants. (...)