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Nettoyage de la « route des chicanes » à Notre-Dame-des-Landes : "Il y avait de l’émotion"
Article mis en ligne le 23 janvier 2018

Le nettoyage de la route dite « des chicanes », sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, a commencé hier lundi 22 janvier. Les journalistes n’étaient pas admis sur place. Reporterre a recueilli, en fin de journée, deux témoignages de militantes anti-aéroport revenant de ce chantier.

Reporterre — Comment s’est passée cette première journée de nettoyage de la « route des chicanes », ou D281 ?

Je suis arrivée au moment du pique-nique de midi. La D281 traverse la Zad du nord au sud. Toute la première partie de la route a été dégagée sans soucis. Les pneus, les barrières, les obstacles potentiels ont été enlevés. Ensuite, le nettoyage de la deuxième partie, après le lieu-dit le Lama faché, a repris dans l’après-midi. Il y avait plus d’émotions à nettoyer cette partie-là. C’est plus facile pour nous, membres des associations d’opposants, qui n’habitons pas là. Mais il y a des discussions, car certains zadistes — attention à ne pas généraliser — disent qu’il ne faut pas tout enlever. On est dans un moment de rupture, les choses ont changé, on n’est plus dans le risque d’une éventuelle destruction massive du bocage. Si certains comprennent très bien qu’on est dans une nouvelle phase, d’autres sont dans une forme de deuil, cela prend du temps.

À quoi ressemblait cette route avant que le nettoyage ne commence ?

Il y avait beaucoup de pneus, de carcasses de voitures, des trous, mais aussi de mini-constructions et des choses poétiques : des panneaux, des jardinières punk, etc. L’idée était de freiner l’intervention policière de 2012, puis après son échec, que cette route reste lente au passage. Sur tout un tronçon on faisait du 5 km/h. Les gens qui habitent au bord de cette route ont d’ailleurs des demandes pour qu’on continue d’y circuler moins vite que sur une route de campagne, disons, ordinaire.

Cette route est devenue symbolique, l’image défensive de la Zad. La fin de son blocage montre qu’on n’est plus dans le défensif. Nous pensons que si nous voulons pouvoir discuter demain de l’avenir de tous ceux qui veulent rester, à vivre là sur la Zad, le dégagement de la route est un préalable.

L’Assemblée générale du mouvement a acté que la circulation était libre sur la Zad pour tout le monde, piétons, cyclistes, tracteurs, voitures. (...)