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Naufrage au large du Cap-Vert : le bilan s’alourdit à 63 morts
#migrants #naufrages #cap-vert #Sénégal
Article mis en ligne le 19 août 2023
dernière modification le 18 août 2023

La pirogue avait quitté le littoral sénégalais le 10 juillet avec 101 passagers à son bord, avant de faire naufrage au large du Cap-Vert lundi. Seules 38 personnes, dont quatre enfants de douze à seize ans, ont pu être sauvées.

Ils ont d’abord été "portés disparus". Soixante-trois exilés sénégalais sont finalement considérés "présumés morts" après le naufrage de leur pirogue retrouvée lundi au large du Cap-Vert, a indiqué à l’AFP l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), mercredi 16 août. "Généralement, quand les gens sont portés disparus à la suite d’un naufrage, ils sont présumés décédés", a indiqué une porte-parole de l’OIM, Safa Msehli.

Seules 38 personnes ont pu être secourues, dont quatre enfants de douze à seize ans, a-t-elle ajouté. Les secours ont jusqu’ici retrouvé les dépouilles de sept personnes.

Selon les témoignages des rescapés, l’embarcation avait quitté la localité de Fass Boye, un village côtier situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Dakar, le 10 juillet, avec 101 passagers à son bord. Tous étaient sénégalais à l’exception d’un Bissau-Guinéen. Ils devaient naviguer en direction de l’archipel espagnol des Canaries, dans l’espoir de se rendre en Europe.

La pirogue a été repérée lundi, soit plus d’un mois après son départ, à environ 150 milles nautiques (277 km) de l’île de Sal par un navire de pêche espagnol qui a alerté les autorités cap-verdiennes. Elle semble avoir dérivé jusque dans cette zone, située à l’écart de la route des Canaries, à environ 500 km de Dakar. Il faut généralement entre quatre et sept jours pour parcourir les quelque 1 700 km qui séparent les côtes sénégalaises des îles espagnoles. (...)

Les naufragés secourus ont été transférés mardi vers le port de Palmeira, sur l’île de Sal. Les autorités cap-verdiennes ont dit avoir mobilisé tous les moyens nécessaires pour les assister. Sept d’entre eux ont été hospitalisés après leur débarquement.

Émotion à Fass Boye

Après l’annonce du naufrage, l’émotion s’est emparée du village de Fass Boye, relate le média PressAfrik. De nombreuses familles se sont retrouvées dans les rues ou se sont rendues chez le chef du village dans le but d’obtenir des nouvelles de leurs proches disparus.

Des manifestations ont également éclaté et des scènes de violence ont eu lieu. De jeunes villageois ont pris pour cibles des édifices publics, rapporte le site sénégalais Seneweb. (...)

La cause de ces violences ne serait autre que la passivité des autorités sénégalaises après le signalement de la disparition de la pirogue partie le 10 juillet. PressAfrik relaie le témoignage d’Arona Boye, un habitant de Fass Boye, qui explique que des familles du village, après avoir constaté l’inaction de la Marine sénégalaise, ont alerté les autorités espagnoles et marocaines, lesquelles ont procédé à de sérieuses opérations de recherche.

Samedi 12 août, une autre pirogue, partie elle aussi de Fass Boye, a sombré au large de Dakhla, dans le sud du Maroc. Ses 130 passagers, dont une femme, ont été secourus par les autorités marocaines. (...)