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Sciences et Avenir
Méditerranée : le parc d’Al-Hoceïma veut sauvegarder son aigle-pêcheur et sa biodiversité
Article mis en ligne le 21 mai 2017
dernière modification le 18 mai 2017

Une plage de Bomaxod dans le parc national d’Al-Hoceïma au Maroc, le 21 août 2014-AFP/Archives/Mustafa EL HASSOUNI
C’est un trésor caché en plein coeur du Rif au nord du Maroc, à quelques encablures des hordes de touristes qui déferlent chaque été sur cette côte de la Méditerranée. Le parc national d’Al-Hoceïma veut préserver sa riche mais fragile biodiversité, tout en privilégiant un éco-tourisme responsable.

A 150 km à l’est du détroit de Gibraltar, ce parc créé en 2004 s’étend sur 48.000 hectares, avec une partie terrestre parsemée de villages berbères et une façade maritime immaculée de roches à pics et d’eau bleutée. (...)

Nichant dans les falaises, de majestueux balbuzards planent à la recherche de leur proie au-dessus des eaux poissonneuses où s’ébattent différentes espèces de dauphins, raies et mérous, sur des fonds parsemés de corail rouge et dans un littoral constellé de patelles géantes.

 Protéger le balbuzard -

Le dernier phoque moine a disparu en 2004 sous la pression humaine, mais les grottes marines qui lui servaient d’habitat sont intactes, laissant espérer un possible retour de l’espèce. (...)

Le parc est né de la volonté de protéger le balbuzard, inscrit sur la liste rouge des espèces en danger de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Ces rapaces piscivores sont aujourd’hui une trentaine d’individus à nicher sur les immenses falaises, l’une des plus grandes concentrations au monde de cette espèce. (...)

Côté terre, près de 15.000 villageois de la tribu rifaine des bokoya vivent dans ce massif calcaire. Une trentaine de villages échappant à l’urbanisation sauvage de la région sont reliés par des pistes poussiéreuses, dans des vallées encaissées parsemées de cavernes, de vieilles pierres et de mausolées. (...)

Il s’agit aussi d’aider au développement de la région par le tourisme, que l’État voudrait promouvoir dans cette zone enclavée et en grande difficulté économique.

Le parc est un atout clé "à condition d’éviter un tourisme de masse", dans un Nord marocain noyé sous les vacanciers pendant l’été, souligne son directeur.

Car plusieurs menaces pèsent sur cet écosystème fragile. D’abord la surfréquentation humaine, qui génère son lot de déchets et de nuisances. En cela, "la chance de ce parc, c’est qu’il n’y a pas de route goudronnée", confie le responsable.

Il y a ensuite -pour la partie mer- la pêche à la dynamite, la chasse sous-marine et surtout le chalutage illégal "qui dévaste tout", se lamente M. Nibani, le président d’Agir. (...)