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Máxima Acuña : le combat d’une paysanne contre une multinationale minière
Article mis en ligne le 31 mai 2014
dernière modification le 28 mai 2014

Elle est le symbole de la résistance contre ce qui serait l’une des plus grandes mines à ciel ouvert d’Amérique latine.

Depuis 2011, Máxima Acuña de Chaupe lutte sur le sommet des Andes du Nord du Pérou, dans la région de Cajamarca, pour empêcher l’installation de l’entreprise Yanacocha (sur ce projet, financé entre autres par BNP Paribas, lire notre enquête). Cette dernière, possédée en majorité par la société américaine Newmont Mining, a tenté à maintes reprises d’expulser Máxima Acuña de sa propriété, située à proximité des réserves en or tant convoitées.

La paysanne et sa famille subissent une pression de plus en plus forte de l’entreprise et des policiers péruviens mis à sa disposition. (...)

Lorsque Máxima Acuña et son mari ont acquis leurs terres, en 1994, ils étaient loin de s’imaginer que leur vie allait être ainsi bouleversée. « Nous ne pouvons plus nous déplacer librement, explique-t-elle. Si je quitte ma maison, je ne suis pas certaine de pouvoir y revenir. Je ne peux plus travailler comme avant, cultiver mes terres et vendre mes pièces de textiles sur les marchés. Nous n’avons plus d’argent pour payer le loyer de ma fille qui étudie à Cajamarca (la capitale provinciale). » La faute au projet Conga, qui entend exploiter 3000 hectares de terres pour y extraire d’extraordinaires réserves en or et en cuivre, à coup de dynamites et de cyanure. Mais afin de débuter l’exploitation, Newmont Mining doit d’abord s’assurer d’un périmètre de sécurité, tout autour du site. Pas de chance pour la famille Acuña : ils vivent à l’intérieur de ce périmètre. (...)

Grâce au combat de Máxima Acuña et à la mobilisation de milliers de Cajamarquinos depuis 2012, le projet Conga est pour l’instant ralenti. Mais jusqu’à quand ? L’investissement de l’entreprise (5 milliards de dollars) est à la hauteur des bénéfices espérés. « Avec cette lutte, nous nous sentons parfois épuisées, malades, très faibles, conclut Isidora, la fille de Máxima Acuña. Mais où allons-nous vivre si nous sommes expulsés ? Où allons-nous travailler ? Nous ne pouvons pas abandonner. »