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Malédiction, le son de l’orpaillage dévastateur en Guyane
Article mis en ligne le 14 septembre 2020

« Malédiction », création sonore originale, déterre les enjeux destructeurs de l’orpaillage en Guyane et son impact sur les populations autochtones. Une mise en son de l’exploitation du sol et des humains. Comme un écho aux luttes contre les projets miniers de la Montagne d’or et du nouveau projet « Esperance » en Guyane française.

La création sonore se construit autour du poème « Orpillage » du militant anticolonialiste Benoit Many Waddy Camby, publié pour la première fois dans le numéro 12 de la revue Z « Guyane, trésors et conquête ». Les mots du poète s’entrechoquent avec les sons ravageurs des machines excavatrices qui viennent trouer la terre, pour en extraire le minerai convoité. Sur des terres ancestrales, au milieu des forêts primaires, l’exploitation aurifère en Guyane détruit depuis des siècles. Ces projets, illégaux ou non, déforestent, polluent les sols et intoxiques les habitant.es, amérindien.nes et bushinagé.es (notamment au mercure, utilisé pour amalgamer les petites particules d’or).

« Le monde se dévore lui-même » (...)

les projets d’orpaillage en Guyane se suivent et se ressemblent. Le 29 avril 2020, en plein confinement, la commission départementale des mines de Guyane donne son feu vert à « Esperance ». Un projet de mine géante de 1,5 km de longueur à l’ouest de la Guyane, à quelques kilomètres du fleuve Maroni. La lutte reprend donc pour le collectif Or de question, qui, trois jours plus tard, exprimait son opposition au projet de mégamine en conférence de presse. « Malédiction » croise ces voix de lutte, décrivant les maux créés par l’orpaillage en Guyane. (...)

Lire aussi :

 Guyane : « Mettre fin au scandale humain et écologique de l’orpaillage illégal »

« Hier, l’écosystème Darwin (Gironde) a été la scène d’un procès simulé pour les droits de la nature et des peuples autochtones.

Sur le banc des accusés : l’Etat français, attaqué pour carence fautive dans la lutte contre l’ orpaillage illégal. Face à lui : les organisations de défense du peuple autochtone wayana et des écosystèmes amazoniens de Guyane.

Au nord-ouest de la Guyane, sur les rives du fleuve Maroni immensément riches en biodiversité, habitent les Amérindiens wayanas. Depuis plus de trente ans, cette région de Guyane française est malade de l’orpaillage illégal, responsable de la destruction de près de 12 000 ha de forêt et de 1800 km de cours d’eau ; 143 sites illégaux ont été recensés en janvier et on estime que 10 000 orpailleurs clandestins seraient présents sur le territoire.

Pour extraire l’or, des centaines de tonnes de mercure ont été déversées dans la nature, qui remontent la chaîne alimentaire jusqu’à l’homme. Les dépistages réalisés chez les Wayanas présentent des taux de contamination mercurielle bien supérieurs à la limite sanitaire recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), causant des troubles cognitifs.

Depuis 1994, les études se succèdent, mais l’Etat s’est contenté de conseiller aux Wayanas de renoncer à consommer du poisson, fortement contaminé. Impossible pour ce peuple qui tire sa subsistance du fleuve.