Quand agirez-vous à la hauteur de vos discours ? Nous proposons une loi pour que pas 1€ des 24 millions de détenteurs d’un LDD n’aille à des entreprises nuisant au climat.
Pour la dixième rencontre régionale du "grand débat national", cette fois-ci officiellement consacrée à l’environnement, Emmanuel Macron se rend jeudi 7 mars à Gréoux-les-Bains, dans les Alpes de Haute-Provence. C’est donc au coeur du Parc naturel régional du Verdon, région fragile mêlant un plateau céréalier victime de l’érosion des sols, des collines forestières risquant les feux de forêts, des zones préalpines à l’enneigement hivernal toujours plus incertain et les célèbres gorges du Verdon soumises à la pression touristique, que le chef de l’Etat va sans doute essayer de défendre son bilan écologique -maigrichon- et sa vision de la transition -bien trop étriquée selon nous. (...)
Il est pourtant une proposition, simple, qui devrait être largement soutenue, y compris par Emmanuel Macron s’il plaçait son action à la hauteur de ses discours sur l’urgence climatique : qu’il soit interdit d’utiliser l’épargne populaire du Livret A et du Livret Développement Durable et Solidaire (LDDS) pour financer des entreprises et des projets qui soient en contradiction avec la lutte contre le dérèglement climatique. Comme l’a montréun rapport de l’Observatoire des multinationales, une partie non négligeable de cette épargne populaire collectée par les banques privées et la Caisse des dépôts et Consignations (CDC) est toujours investie dans le secteur des énergies fossiles et l’utilisation de la majeure partie de cette épargne manque cruellement de transparence. (...)
Une campagne citoyenne, initiée par 350.org et Attac France a permis, de son côté, de faire entrer le sujet dans l’agenda public. Des actions organisées enseptembre 2018 et décembre 2018 ont ainsi mis à l’index la CDC et les banques privées, mais également le législateur : que la CDC et les banques privées soient incapables de garantir que l’épargne collectée ne serve pas à financer des projets destructeurs du climat ne devrait-il pas conduire à renforcer les réglementations en vigueur ?
Cette proposition de loi vise à "la transparence dans l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique". Elle sera à l’ordre du jour de l’Assemblée jeudi 7 mars. Vingt-cinq économistes lui ont déjà apporté leur soutien. (...)
Voter contre, c’est laisser à nouveau penser que les déclarations d’Emmanuel Macron ne sont que des gesticulations sans concrétisation réelle. (...)