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Lettre ouverte à Franck Riester, ministre de la Culture
Jean-Michel Le Boulanger 1er vice-président du Conseil régional de Bretagne
Article mis en ligne le 8 octobre 2019

Le ministère de la Culture a 60 ans. Il est temps - il est nécessaire - de le réformer en profondeur !

(...) Commémorer cette création, à mes yeux, ce n’est pas seulement en rappeler la genèse, saluer la mémoire du Général de Gaulle ou d’André Malraux, les fondateurs, ou rappeler le travail de leurs successeurs et l’engagement de cette administration ministérielle. Cela doit être fait, bien sûr, c’est l’histoire !, mais cela ne suffit pas.

Il faut aller plus loin et plonger dans les racines de ce ministère, comprendre les raisons de cette singulière création, en analyser les forces, en mesurer les faiblesses.

Au départ, il y avait l’intuition de Jean Zay et de Léo Lagrange, l’ami de Malraux, lors d’un Front populaire écourté. Intuition que Malraux reprendra : oui, il faut créer une administration d’État au service de l’art et de la création.

Au départ, il y a les heures noires de l’Occupation. Reprenons les textes du Conseil national de la Résistance : face à la barbarie, éducation et culture seront les terreaux de la démocratie. De Gaulle, revenant au pouvoir, saura s’en souvenir...

Les bases, elles sont là, et il n’est pas anodin de les rappeler : votre ministère, Monsieur le Ministre, a été créé pour lutter contre les totalitarismes et contre le divertissement généralisé orchestré par les « machines à rêves » et leur implacable puissance. Les « usines de rêve... ne sont pas là pour grandir les hommes, (elles) sont là très simplement pour gagner de l’argent ». C’est André Malraux qui le disait...

60 ans après 1959, dans ce monde si troublé et si incertain, alors que brûle la terre et que l’humanité se noie en Méditerranée, alors que s’accroissent les inégalités, face aux nationalismes exacerbés et aux crispations de toutes sortes, il faut impérativement réinterroger les missions des politiques publiques de la culture. Car les totalitarismes et les "usines à rêves" d’un divertissement généralisé, mercantile et hypnotique, ils sont là, toujours là ! (...)

Aujourd’hui, en ces temps de grand trouble et face à tant de menaces, il nous faut sans faille mettre en avant nos utopies fondatrices : liberté, égalité, fraternité.

Liberté de la création, face à toutes les censures.

Égalité de chaque personne qui doit être reconnue en ses capacités, en ses rêves, en sa dignité.

Fraternité, tant nous savons combien les pratiques culturelles s’enrichissent mutuellement.

Ces utopies, qui sont aussi des combats, passent par les Droits culturels, par la reconnaissance de la diversité culturelle et par une pleine confiance - contractuelle - aux territoires.

Ces utopies passent aussi par des budgets renforcés ! C’est justement parce que les temps sont difficiles et que l’horizon s’obscurcit qu’il faut renforcer les budgets de l’Éducation et de la Culture ! Vos combats en ce sens seront les miens. (...)