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Reporterre
Les neuf nouvelles réjouissantes de l’écologie en 2022
#ecologie #Reporterre
Article mis en ligne le 23 décembre 2022
dernière modification le 22 décembre 2022

(...) Guerre, incendie, sécheresse… 2022 ne nous aura rien épargné. Au milieu du marasme politique et du chaos climatique, l’écologie a pourtant marqué des points. Des luttes victorieuses, des mesures ambitieuses, un renouveau militant… Pour finir l’année en beauté, Reporterre vous détaille neuf bonnes nouvelles, à glisser sous le sapin.

1 — Les Jardins d’Aubervilliers sauvés

Des courgettes plutôt que des athlètes. La nouvelle est tombée le 14 mars : la ville d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, a renoncé à construire l’extension de la piscine, censée servir de lieu d’entraînement pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Un projet vivement contesté, car censé être construit sur dix-neuf parcelles de jardins. Soit 4 000 m2 de végétation, écrin de verdure dans cette zone très urbanisée.

C’est le fruit d’une lutte de deux ans menée avec détermination par les habitants et usagers des potagers. Les jardins ont été occupés — puis expulsés —, le chantier bloqué, des recours déposés devant la justice. Finalement, début mars, la cour d’appel a suspendu les travaux. Trop tard pour les terres, saccagées par les pelleteuses. Mais la mairie s’est engagée à les « remettre en état ».

Cet automne, nouveau succès juridique : les huit militants accusés d’entrave à travaux publics ont été relaxés.

2 — Les luttes s’organisent (...)

L’union fait la force. Et les groupes en lutte l’ont compris. En 2022, les rencontres nationales, coordinations et autres convergences se sont multipliées. C’est notamment l’objectif de Terre de luttes, une association lancée pour créer des synergies entre collectifs (...)

Dès mars, plus de quarante organisations ont participé à la Rencontre nationale des luttes forestières dans les Hautes-Pyrénées. L’enjeu : s’organiser pour lutter contre l’industrialisation des forêts. Puis en avril, les premières Assises nationales des jardins populaires en lutte se sont tenues à Besançon. En mai, des dizaines de collectifs se sont réunis à Montpellier pour poser les bases d’une coalition contre les projets routiers. Cet été, les retrouvailles ont eu lieu à Notre-Dame-des-Landes. Enfin, en octobre, celles et ceux s’opposant aux fermes-usines se sont retrouvés en Bretagne.

Outre ces temps de réunion, des liens se sont tissés lors de journées d’action communes, comme en avril, au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron. Et surtout lors des « manifest’actions » contre les mégabassines dans les Deux-Sèvres. Hasta la victoria.

3 — Amazon recule (...)

Fin mars, l’entreprise a annoncé renoncer à son entrepôt près de Rouen. Une victoire pour les opposants normands, qui s’inquiétaient de la surconsommation renforcée par le modèle Amazon, de la disparition des commerces locaux, et de la pollution provoquée par 2 200 véhicules supplémentaires déversés chaque jour sur les routes.

Quelques jours plus tard, rebelote : la justice a annulé le permis de construire d’un entrepôt près de Belfort. En tout, cinq projets du géant du e-commerce ont été abandonnés en deux ans. Mais la multinationale ne renonce pas pour autant et cherche d’autres terrains.

Amazon a aussi été confronté à de premières grèves et mouvements sociaux d’ampleur : en France, plus d’un millier de salariés ont débrayé début avril afin d’obtenir une hausse des salaires.

4 — La papeterie de la Chapelle Darblay reprise (...)

 1000 jours de lutte pour sauver cette usine et les emplois des 217 salariés. Un combat mené par les travailleurs, soutenus par des écologistes et des syndicats, jusque dans les bureaux du ministère de l’Économie.

5 — Le retour du train de nuit (...)

le gouvernement a annoncé la relance du train de nuit reliant Paris à Aurillac, dans le Massif central. Cette ligne, abandonnée en 2003, devrait rouvrir fin 2023. Une première victoire pour les associations d’usagers, qui espèrent la réouverture d’autres lignes.

En France, les trains de nuit reviennent de loin (...)

Ailleurs en Europe, le ferroviaire longue distance renaît à grande vitesse. Un TGV reliant Paris à Berlin devrait être sur les rails fin 2023. Outre-Rhin, nos voisins ont également testé — et approuvé — le ticket unique à 9 euros dans les transports en commun.

6 — Dans le monde, des changements politiques de bonne augure (...)

En Australie, le parti travailliste (centre-gauche) a retrouvé le pouvoir en mai. (...)

Après dix ans de léthargie, le Parlement a ensuite voté sa première loi climat. Aux États-Unis, débarrassés de Donald Trump, un grand plan climat a également été adopté : 369 milliards de dollars (363 milliards d’euros) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030.

En Colombie, Gustavo Petro est devenu le premier président de gauche de l’histoire du pays, avec sa vice-présidente Francia Marquez, leadeuse afrocolombienne et écologiste. Au Brésil, la victoire de Lula a soulagé les défenseurs de l’environnement et de la justice sociale.

Malheureusement, d’autres scrutins ont résonné comme des défaites pour l’écologie. Les Chiliens ont ainsi rejeté une nouvelle Constitution progressiste, féministe, écologique et sociale. En Italie, l’extrême droite climaticide est arrivée au pouvoir.

7 — Soupes, canoë, outils : les nouveaux instruments de la lutte écolo (...)

8 — La Montagne d’or abandonnée (...)

Clap de fin pour la Montagne d’or en Guyane. Le Conseil constitutionnel puis le Conseil d’État ont tour à tour enterré ce projet minier, qui entendait exploiter 80 tonnes d’or en creusant une fosse de 2,5 kilomètres de long et en recourant à la cyanuration dans la forêt guyanaise, à proximité immédiate d’une réserve biologique.

Les juges ont ouvert la voie juridique pour mettre fin aux concessions minières. Charge désormais au gouvernement de stopper définitivement la Montagne d’or. La ruée vers l’or en Guyane a décimé la faune locale, ont averti des scientifiques.

9 — La France sort du traité sur l’énergie

Emmanuel Macron a annoncé fin octobre que la France allait se retirer du Traité sur la charte de l’énergie (TCE). Ce texte, entré en vigueur en 1998, permet aux entreprises de poursuivre les pays qui modifient leur politique énergétique si elles estiment que cela menace leurs intérêts financiers. Il est actuellement signé par cinquante-deux pays.

L’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas avaient annoncé plus tôt leur volonté de se retirer du traité. L’Allemagne nous a également emboîté le pas. Le traité a donc du plomb dans l’aile, et c’est tant mieux. (...)

Clap de fin pour la Montagne d’or en Guyane. Le Conseil constitutionnel puis le Conseil d’État ont tour à tour enterré ce projet minier, qui entendait exploiter 80 tonnes d’or en creusant une fosse de 2,5 kilomètres de long et en recourant à la cyanuration dans la forêt guyanaise, à proximité immédiate d’une réserve biologique.

Les juges ont ouvert la voie juridique pour mettre fin aux concessions minières. Charge désormais au gouvernement de stopper définitivement la Montagne d’or. La ruée vers l’or en Guyane a décimé la faune locale, ont averti des scientifiques.

9 — La France sort du traité sur l’énergie

Emmanuel Macron a annoncé fin octobre que la France allait se retirer du Traité sur la charte de l’énergie (TCE). Ce texte, entré en vigueur en 1998, permet aux entreprises de poursuivre les pays qui modifient leur politique énergétique si elles estiment que cela menace leurs intérêts financiers. Il est actuellement signé par cinquante-deux pays.

L’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas avaient annoncé plus tôt leur volonté de se retirer du traité. L’Allemagne nous a également emboîté le pas. Le traité a donc du plomb dans l’aile, et c’est tant mieux. (...)

Le traité contient toutefois une clause qui prévoit que n’importe quel pays qui se retire reste sujet à des litiges pendant vingt ans. Sauf si les États membres de l’UE décident de sortir tous ensemble du traité, et de ne pas appliquer cette clause. Reste à voir s’ils réussiront à se mettre d’accord.