
En marge de la grande manifestation agricole « Les Terres de Jim », lancée ce jeudi à Saint-Jean-d’Illac, les Jeunes Agriculteurs organisaient à Bordeaux et en partenariat avec l’AFDI (Agriculteurs Français et Développement International), un Sommet international des jeunes agriculteurs intitulé « l’agriculture familiale, des agricultures d’avenir ». Un écho au choix des Nations Unies de proclamer 2014 comme l’année internationale de l’agriculture familiale. A l’issue de ce sommet, les participants ont ratifié un manifeste rédigé par une soixantaine d’organisations agricoles jeunes du monde entiers pour la reconnaissance internationale de cette agriculture. Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture était à leurs côtés.
Mali, Québec, Pérou, Kénya, Italie, Australie, Indonésie... Le Sommet International des Jeunes agriculteurs a permis un voyage à travers les agricultures du monde. D’un pays à l’autre, on le constate bel et bien, l’agriculture familiale est, dans son vécu, partout différente et singulière. Climat, cultures, pratiques, technologies, organisation, système économique... autant de facteurs à la différenciation.
Pourtant, paradoxalement, nombre de constats et de revendications portés par ces jeunes agriculteurs venus des quatre coins de la planète se rejoignent. Et pour cause, ils ont tous face à eux les mêmes défis à relever. Défi alimentaire d’abord, avec une planète à bientôt 9 milliards d’individus à nourrir, défi économique et social, afin de vivre décemment de leur métier, et enfin, défi environnemental face à des changements climatiques dont certains, des Îles Fidji aux plateaux semi-arides du Brésil, en vivent déjà les conséquences au quotidien.
Manque de reconnaissance politique et sociale
Mais, outre ces défis communs, ils ont aussi, souvent, les mêmes difficultés à surmonter. La première d’entre elle est le manque de reconnaissance politique et sociale du métier d’agriculteur. Dans le second cas, la rupture plus ou moins profonde entre la société et ses agriculteurs, cause des difficultés à attirer les jeunes vers les métiers agricoles et donc une baisse des actifs. Un renouvellement des générations difficile qui met ainsi potentiellement en danger la pérennité de l’activité agricole. (...)
Autant remplir un seau percéL’accès au financement justement, a été à de nombreuses reprises cité comme une des difficultés majeures, avec l’accès à la terre, pour les jeunes agriculteurs réunis ce jeudi. Quelque soit le pays, la difficulté à s’installer, même dans le cadre familial, est prégnante. Un blocage qui peut soit venir de la valeur des terres ou des impôts et taxes qui sont assignés dans le cadre de transmissions (plutôt dans les pays du nord), soit au contraire, d’une parcelle trop petite pour pouvoir être raisonnablement partagée quand une famille a 5 ou 6 enfants candidats à la reprise (plutôt d’un pays du Sud)... A noter que des différents exemples cités, la France est le seul pays à pratiquer la régulation des prix du fonciers tel que le fait la SAFER.
Pour autant, pour Babacar Samb, le Sénégalais du groupe, mettre en place des dispositifs pour aider les jeunes à s’installer, comme il en existe dans son pays, ne doit pas faire oublier de soutenir ceux qui sont déjà en activité, à défaut, autant remplir un seau percé... Il faut donc d’abord, selon lui, résoudre le problème lié au revenu et plus globalement la perception du monde agricole par les jeunes, pour ensuite parvenir à recruter plus facilement des jeunes qui pourront pérenniser la production. (...)
En attendant des changements à ce niveau là, la France sera présente au CSA (Comité sécurité alimentaire) de la FAO le 16 octobre prochain à Rome. Les JA et leur Manifeste y seront aussi.