
Le combat était engagé depuis de nombreuses années. D’un côté, les collectifs de paysans et d’agriculteurs désireux de vendre leurs propres semences, récupérées à partir de leurs récoltes. De l’autre, le catalogue officiel où, depuis 1932, sont listées toutes les variétés autorisées à la vente. Ces dernières doivent répondre à des critères de stabilité, d’homogénéité et de performance taillés pour l’agriculture conventionnelles.
Ces semences-là sont la propriété de multinationales : Monsanto, Corteva – anciennement Dow DuPont – ou encore Limagrain. Les graines produites par ces grandes entreprises sont le plus souvent de type "hybrides F1", non réutilisables au-delà d’une saison. Ce qui contraint leurs utilisateurs à en racheter chaque année. "N’oublions pas que 90 % des variétés agricoles traditionnelles ne sont plus cultivées", a souligné la députée Frédérique Tuffnel (LREM), membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. "La culture de semences paysannes permet aussi de lutter contre la standardisation des formes, des goûts et des saveurs." (...)
Cette loi constitue un pas en avant vers la protection de la biodiversité, mais ne concerne néanmoins que la vente de semences aux jardiniers amateurs. Pour la députée Barbara Pompili (LREM), la prochaine étape sera d’en rendre le commerce légal entre les différents acteurs de l’agriculture conventionnelle.