Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie contemporaine, les certitudes de la « sécuritocratie » officielle ont été ébranlées par les cyber-activistes, des jeunes algériens qui ont utilisé les nouvelles technologies et tout ce que le web leur offre comme outil pour dénoncer l’arbitraire et protéger les droits de l’homme.
Tout a commencé à la fin novembre 2013 dernier lorsque pendant plusieurs jours des manifestations ont ébranlé la tranquillité et la nonchalance de la localité de Guerrara, située à quelques kilomètres de la ville de Ghardaïa, située à plus de 600 Km au sud de la capitale algérienne Alger. Dans cette région du sud algérien, où les problèmes de chômage, les privations et la précarité font souffrir les jeunes, il existe une minorité religieuse appelée les ibadites, dont les croyances religieuses divergent du rite sunnite communément suivi en Algérie, qui s’estime victime de la discrimination et des injustices des autorités politiques algériennes.
A chaque rassemblement pour réclamer de meilleures conditions de vie, des manifestants sont interpellés et conduits dans des postes de police où ils sont régulièrement roués de coups pour ne pas dire torturés. Le sujet est resté tabou en l’absence de preuves tangibles avec lesquels la société civile pourrait obliger les autorités politiques de poursuivre en justice ses agents chargés de la répression. De plus en plus instruits et éveillés, les jeunes de la région ont compris l’impact et l’utilité du web pour défendre leur cause et protéger leurs droits les plus élémentaires. (...)