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Reporterre
Les associations s’organisent contre la suppression des emplois aidés
Article mis en ligne le 17 septembre 2017

La décision du gouvernement de supprimer 260.000 contrats aidés sur deux ans constitue un immense plan de licenciement. Il affecte durement le secteur associatif et les associations environnementales.

La décision prise de façon brutale, sans discussion ni concertation, et sans solution de remplacement a surpris tout le monde. Les répercussions sont multiples et les secteurs et personnes concernés nombreuses.

En 2016, 460.000 contrats aidés avaient été signés, tous secteurs confondus. Après avoir annoncé 280.000 contrats aidés pour l’année 2017, le gouvernement a finalement rehaussé ses chiffres à 310.000 contrats aidés. Mais pour l’année 2018, seulement 200.000 contrats aidés sont prévus. Le calcul est simple, rapide, et sans appel : 260.000 contrats aidés en moins en deux ans, soit autant de personnes qui risquent de perdre leur travail.

L’impact sera important sur le monde associatif, déjà fragile. Il se mobilise et une réunion publique s’est tenue à La Bourse du travail à Paris, jeudi 14 septembre. Organisée par le syndicat Asso, elle avait pour objectif de préparer et d’organiser la réaction contre ces suppressions. Asso (Action des salariés du secteur associatif) est un syndicat qui lutte contre les dérives de l’application du droit du travail dans le secteur associatif.

Le monde associatif est globalement précarisé car il manque de financement pérenne. Il compte aujourd’hui 1,8 millions de salariés. 53 % des salariés associatifs sont en CDI (contrat à durée indéterminée) contre 80 % dans le secteur privé. C’est un salariat très féminisé, plutôt jeune avec énormément de contrats atypiques tel que les contrats aidés mais pas seulement : on y trouve aussi de nombreux contrats d’engagement éducatif, des volontariats en service civique, des stages. Parmi ces 1,8 millions de salariés, 130.000 sont des personnes en emplois aidés, soit 8 % du salariat associatif.
Ces personnes sont essentielles au fonctionnement des associations et à la démocratie locale. (...)

"La destruction de tous ces emplois n’est pas seulement une catastrophe humaine pour les personnes concernées » dit à Reporterre Florian Martinez, porte parole du syndicat Asso. « C’est aussi une catastrophe sociale parce qu’il y a un certain nombre de service qui ne pourront plus être rendus à la population. » Des services d’intérêt général qui ont été délégué par l’état à des associations et qui sont très importants. « C’est donc une mesure qui pourrait impacter toute la société. C’est pour cela que tout le monde est concerné et doit se mobiliser. »
Et de poursuivre : « Le gouvernement s’en prend à toutes ces personnes éloignés de l’emploi, et de façon générale aux services publics, au secteur associatif et à tout ce qui fait que notre société vit bien ensemble jusqu’à maintenant. " (...)

Le syndicat a lancé sur son site internet une carto-crise, qui recense le nombre d’emplois effectivement supprimés, de dire quels services ne seront plus rendus aux citoyens et quels impacts à court terme et à long terme pourront avoir ces suppressions d’emplois.
Le syndicat a également organisé plusieurs actions cette dernière semaine et compte multiplier dans les semaines à venir. Mercredi 13 septembre par exemple, un happening à Pôle emploi a été organisé, une action facilement reproductible. (...)

Le gouvernement a reculé pour l’Outre-mer et pour de grosses structures (...)