Depuis le début de l’année, plus de 700 000 migrants et réfugiés ont effectué la traversée entre la Turquie et la Grèce ; puis, ils ont emprunté la route des Balkans pour rallier l’ouest de l’Europe. Le périple est épuisant et dangereux, même pour les jeunes et les valides. Les risques et les difficultés se multiplient pour les blessés et les handicapés.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 15 pour cent de la population mondiale est atteinte d’un handicap. Personne ne connait le pourcentage de réfugiés souffrant d’un handicap ou de problèmes de mobilité qui ont emprunté la route des Balkans cette année, mais pour leur grande majorité, ils fuient les zones de guerre. Bon nombre d’entre eux ont été blessés au cours du conflit ou pendant leur périple ; quant aux réfugiés atteint d’un handicap préexistant, leurs familles considèrent qu’ils sont trop vulnérables pour être abandonnés à leur sort, même si cela veut dire qu’elles devront les pousser ou les porter pendant la traversée de la Turquie ou de l’Europe. (...)
Les travailleurs humanitaires qui interviennent en Grèce expliquent que bon nombre de réfugiés souffrant d’un handicap doivent abandonner leur fauteuil roulant avant de monter dans un bateau ou sont forcés à les jeter par-dessus bord quand les passeurs surchargent les embarcations.
Le Comité de secours international (International Rescue Committee, IRC) distribue des fauteuils roulants sur l’île grecque de Lesbos, où bon nombre d’embarcations accostent. La demande dépasse parfois l’offre. « Nous avons été confrontés des pénuries, tout simplement parce qu’il n’est pas toujours facile de fournir une telle quantité de fauteuils roulants », explique Rowan Cody, coordinatrice sanitaire de l’IRC. (...)
Récemment, les conditions se sont améliorées à la frontière entre la Macédoine et la Grèce, car les autorités macédoniennes ont mis du gravier sur la première section du chemin boueux qui mène à la frontière serbe. Mais les 600 derniers mètres doivent encore se faire à pied. Ensuite, les ONG basées en Serbie peuvent en général amener des véhicules pour transporter les personnes handicapées. Mais certains jours, la boue est trop profonde pour que les véhicules 4X4 accèdent à la zone et la majorité des ONG n’interviennent pas le soir, ce qui veut dire que les réfugiés handicapés dépendent de leurs amis et des membres de leur famille pour les porter.