Le financement public des partis dépend principalement de leurs résultats aux législatives. Ce qui pousse à la multiplication des étiquettes et à la dispersion des forces.
Le sujet n’est pas de ceux que les dirigeants politiques évoquent en public. C’est toutefois une préoccupation commune à tous les partis. Sans exception. Pour tous, petits ou grands, les élections législatives constituent la principale source de financement public. Et cette manne peut représenter jusqu’à la moitié du budget de certaines formations – 45,3 % au Parti socialiste, 45,8 % au Front national, 51,4 % chez Les Républicains en 2015. D’où une multiplication des candidatures et des querelles d’étiquette.
Le financement public des partis politiques procède de la loi du 11 mars 1988, qui, la première, a voulu rendre transparente financièrement la vie politique après quelques scandales retentissants. Modifiée à plusieurs reprises, cette loi instaure un contrôle du financement des partis et des campagnes électorales, et leur assure en contrepartie un financement public de leurs dépenses permanentes calculé selon deux critères cumulatifs. Une première fraction est attribuée en fonction de leur résultat aux élections législatives. Peuvent y prétendre les partis ou groupements politiques ayant présenté des candidats ayant obtenu au moins 1 % des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions (en outremer, un seul candidat suffit). L’enveloppe globale de cette première fraction (34,335 millions d’euros en 2017) étant à partager entre les formations qui satisfont à ce critère, « le prix de la voix » peut varier d’une mandature à l’autre. (...)