Ainsi donc, l’histoire se répète. Le maire d’Orléans entend des voix. Des voix d’électeurs lui criant de bouter hors des murs de la commune l’envahisseur étranger. A ceci près que l’intéressé n’est pas vierge… de précédents (1). La création d’une délégation donnée à un adjoint chargé de la lutte contre l’immigration clandestine (2) ne saurait malheureusement être lue comme une lubie locale et marque un précédent dans lequel d’autres vont s’engouffrer
Les récents résultats électoraux vont nécessairement aboutir à de telles annonces, en particulier dans les villes frontistes. La mise en œuvre de la préférence nationale dans les villes concernées s’annonce beaucoup plus préoccupante qu’elle ne l’était en 1995 à Vitrolles, à Orange. Non pas que leurs élus aient changé sur le fond : c’est surtout leur marge d’initiative qui s’est considérablement étendue.
La première loi Sarkozy de 2003 marquait, en effet, un tournant en droit des étrangers en donnant des prérogatives sans précédent aux maires en matière d’immigration. (...)
Autre prérogative, le maire est chargé, depuis 2003, d’instruire les demandes de regroupement familial. C’est, en effet, lui qui précisera au préfet si les conditions de ressources et de logement de l’étranger, qui souhaite être rejoint par sa famille, sont réunies. Qu’en sera-t-il à Mantes-la-Ville ?
Le maire est également sollicité par le préfet pour préciser s’il lui semble que l’étranger, titulaire d’une carte d’un an, est suffisamment intégré pour obtenir une carte de résident. Qu’en sera-t-il à Béziers ?
La loi Sarkozy de 2006 marque, en ce qui la concerne, l’extension du contrat d’accueil et d’intégration des migrants et la mise en place de plans départementaux (PDI) et régionaux d’intégration des populations immigrées (Pripi). Les circulaires, de 2009 et 2010, insistent sur l’importance de la construction avec les communes de ces programmes.Qu’en sera-t-il dans le Var ? (...)