Le 17 novembre 2008, Jean-Marie Demange, député, tue son ex-compagne et se suicide ; ce même jour, l’Assemblée nationale observe une minute de silence en sa mémoire. Alors que le fléau des féminicides est l’objet d’un Grenelle et de l’attention médiatique, on est remonté aux sources de ce moment peu glorieux pour la République.
“J’ai la tristesse de faire part du décès de notre collègue Jean-Marie Demange, député de la 9e circonscription de Moselle, et j’invite l’Assemblée à observer une minute de silence.” Il est seize heures, ce même lundi, quand, en début de séance dans l’hémicycle, la vice-présidente de l’Assemblée nationale invite ses collègues à un moment de recueillement en mémoire du député. L’instant est consigné dans le compte-rendu et peut être retrouvé en vidéo sur demande à l’Assemblée (ci-dessous).
Peu reluisant pour la République, l’événement a été largement oublié. Dans le Grand Est où s’est produit le drame, c’est autre chose : l’affaire a marqué, et meurtri. Parmi les protagonistes qui ont accepté de se remémorer ce souvenir vieux de onze ans, certains ont étouffé un sanglot. Bertrand Mertz a été le rival socialiste de Jean-Marie Demange, celui qui l’a battu aux élections municipales de mars 2008. Il se rappelle (...)
A l’époque, l’affaire secoue les médias et le monde politique ; ce n’est pas tous les jours qu’un responsable politique se transforme en meurtrier, c’est même une première historique. Les articles (ici dans Libération, là dans Le Monde) retracent une folle descente aux enfers (...)