En période de crise, quand les monnaies officielles filent hiberner loin de l’économie réelle, une pléiade de petites monnaies locales complémentaires tentent de boucher les trous. Mais quid quand la monnaie locale est carrément planétaire ? Le bitcoin. Ok, on en a déjà parlé, mais là l’intrus frise l’insolence.
Le bitcoin, kézako ? Une monnaie électronique qui circule sur le réseau Internet. Je ne m’étends pas trop sur la question technique (...)
le bitcoin fonctionne sur un principe entièrement mathématique ;
le nombre d’unités bitcoin en circulation ne peut mathématiquement excéder 21 millions (dur dur pour la planche à billets, mais notre monnaie peut se diviser en dixième, centième, millième…) ;
il a une valeur (fluctuante) attribuée reconnue et commence à être accepté comme moyen de paiement ;
régi par une infrastructure entièrement décentralisée, il échappe au contrôle des banques centrales et des États.
Une montée en puissance spectaculaire
Je vois déjà la tête des adeptes du bon vieux bas de laine : le virtuel très peu pour nous ! Le problème, c’est qu’à part leurs quelques piécettes dûment protégées, TOUTES les monnaies d’aujourd’hui sont parfaitement virtuelles et n’existent que comme écritures sur des livres de compte tout aussi électroniques.
Plus aucune devise, roi-dollar compris, qui soit garantie par une contrepartie sonnante et trébuchante en métal précieux comme l’or.
Les fauchés quant à eux hausseront les épaules. Si le bitcoin est émis selon un code informatique dit “libre”, il n’en est pas “gratuit” pour autant. Il a même tendance à voir sa valeur grimper en flèche depuis un an, passant d’une petite dizaine d’euros en janvier à 840,98 euros au 3 décembre. (...)
Le bitcoin consacre de fait le pouvoir insolent de l’Internet face aux puissances en place. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, le bitcoin est de ce point de vue une révolution inédite (éphémère ?) dans la crise qui secoue le vieux monde.
Mais comme toute révolution bardée d’incertitudes clôturant les périodes de chaos, on ne sait trop encore ce qu’au final celle-ci donnera à manger ou à recracher. (...)