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Le Parti socialiste et la question des médias : « Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps »
Article mis en ligne le 5 juin 2015
dernière modification le 1er juin 2015

À l’occasion du 72ème Congrès du Parti socialiste qui se déroulera du 5 au 7 juin 2015, nous nous penchons sur les propositions quant à la transformation du secteur des médias contenues dans les quatre motions soumises au vote des militants, afin d’évaluer une éventuelle évolution du PS sur la question [1]. Résultat : un vide sidéral qui, paradoxalement, rappelle une nouvelle fois cette évidence : le combat pour l’appropriation démocratique des médias est une question politique de première importance.

Demandez le (non-)programme

Les motions B [2] et D [3] sont vierges de toute évocation du sujet.

La motion A [4] fait à peine mieux avec 31 mots [5] ! Les voici :

 « Soutenons le pluralisme de l’information à l’heure où, notamment, le modèle économique de la presse écrite est percutée par le déploiement du numérique et de l’information en continu ».

Voilà. (...)

Proposition 85 : Nous proposons que les citoyenNes quel que soit leur âge soient formés à exercer leur esprit critique dans le cadre de l’éducation nationale, de l’éducation populaire, des associations, des partis politiques et en particulier au parti socialiste.
L’État, garant de la liberté de la presse, doit veiller à sa pluralité et à sa pérennité, tant par des lois que par des aides publiques.

Et c’est tout.

Vide de la pensée et renoncement

Bref, un néant qu’il est aussi vain qu’inutile de commenter largement sur le fond tant il parle de lui-même.

Il met d’abord en lumière de manière remarquable l’incapacité définitive du Parti socialiste à avoir une réflexion approfondie sur les enjeux liés à la question des médias, qui pourrait déboucher ensuite sur des propositions précises et sérieuses capables de la « mettre en musique ».

Concrètement, la seule (microscopique) « réforme » réalisée par le gouvernement concerne la modification du mode de désignation du président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui si elle ne relève plus du président de la République mais du CSA lui-même, demeure sous un étroit contrôle politique, les membres de l’institution étant choisis respectivement par le plus haut personnage de l’exécutif (deux) et les deux présidents des assemblées parlementaires (trois chacun).

Le « changement » dans la continuité

La récente désignation de Delphine Ernotte-Cunci à la tête de France Télévisions, dans une totale opacité et dans des conditions contestables [8] le confirme avec éclat, malgré les dénégations du président du CSA qui a jugé le processus satisfaisant lors d’une audition parlementaire le 26 mai 2015. Circulez, il n’y donc rien à voir… On se demande bien alors pourquoi le syndicat SNPCA-CGC a décidé de « saisir la justice concernant la présidence de France Télévisions » [9]...

Une déliquescence que nous avons constatée au fil des années dans les huit articles (avant celui-ci) que nous avons publiés depuis 2006 sur les propositions du Parti socialiste sur le sujet : (...)