Malgré une politique d’ouverture à l’égard des migrants au Maroc, leur intégration dans le pays reste très précaire. Interview de Hicham Baraka, président de l’Association Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité (ABCDS), organisation marocaine partenaire du CCFD-Terre Solidaire.
Depuis 2013, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, le Maroc s’est engagé dans une nouvelle orientation de sa politique migratoire. Une première vague de régularisation de migrants a été lancée en janvier 2014. Plus de 25 000 étrangers en situation irrégulière venus d’Afrique subsaharienne et de Syrie, ont reçu une carte de séjour. Essentiellement les étrangers conjoints de ressortissants marocains, les conjoints d’étrangers réguliers, leurs enfants, les détenteurs d’un contrat de travail ou ceux présents sur le territoire marocain depuis au moins cinq ans.
Fin 2016, une deuxième phase de régularisation a été décidée, prolongeant notamment la durée des titres de séjour de un à trois ans.(...)
Malgré cette politique, les conditions de vie des migrants restent très difficiles. Comme en témoigne Hicham Baraka, président de l’association Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité (ABCDS) :
« Ils sont régularisés mais ils n’ont pas de travail, ils survivent par la mendicité. Ils habitent à 20 ou 30 parfois dans un appartement. Ceux qui travaillent sont plus facilement exploités, moins bien payés que les Marocains. Ils connaissent une grande instabilité psychique. Les femmes subissent le plus de souffrances. Un migrant, qu’il soit régularisé ou non, vit la même situation. »
Installée à Oujda, près de la frontière algérienne, depuis 2005, l’association vient en aide aux migrants et s’attache à défendre leurs droits.
Une aide humanitaire et administrative (...)
L’association s’attaque enfin à la montée du racisme envers les migrants.
« Avant, les Marocains regardaient le migrant comme un passager, une personne à côté de lui. Maintenant, ils ont peur que les migrants prennent leurs places. »
Hicham Baraka multiplie les occasions de rencontres entre jeunes Marocains et subsahariens. (...)