
(...) Les étudiants de l’université de Bogazici ont commencé à manifester il y a presque un mois, déclarant que la nomination de Melih Bulu comme recteur n’était pas démocratique. Des enseignants de l’université ont aussi protesté lors de l’intronisation de Melih Bulu.
Des manifestants scandant des slogans comme "La police, dehors !" ou "Les universités sont à nous !" ont affronté la police lundi.
Les services du gouverneur d’Istanbul ont déclaré dans un communiqué que 159 personnes avaient été arrêtées pour "ne pas avoir cessé de manifester malgré les mises en garde". Une enquête a été ouverte, ont-ils ajouté.
"Vandalisme"
L’arrestation des étudiants a provoqué un tollé chez les partis de l’opposition. Le hashtag "Nous n’allons pas baisser les yeux", en référence à une vidéo des policiers ordonnant aux manifestants de baisser leur regard, a été largement partagé sur les réseaux sociaux.
La manifestation et les arrestations qui ont suivi sont survenues quelques heures après une attaque virulente du président turc contre le mouvement LGBT en l’accusant de "vandalisme" et en déclarant que la jeunesse de son parti n’y adhérait pas. (...)
Le chef de l’État turc a tenu ces propos au surlendemain de l’arrestation de quatre étudiants accusés d’avoir accroché dans leur université un tableau représentant un site sacré de l’islam orné de drapeaux arc-en-ciel, un symbole associé à la communauté LGBT. Les étudiants sont accusés d’"incitation à la haine". Deux d’entre eux ont été assignés à résidence et deux autres sont encore en détention.
La Turquie est l’un des rares pays musulmans où l’homosexualité n’est pas réprimée par la loi. En revanche, l’homophobie et la transphobie y sont répandues et les associations LGBT font régulièrement état d’agressions et de discriminations.