Un rapport du Sénat, commenté pour ses critiques du gouvernement, souligne que la lutte contre ces violences repose plus sur des associations insuffisamment financées par l’Etat que sur les services publics.
Budget « contraint », des « tours de passe-passe » du gouvernement, trop de communication… un rapport de deux sénateurs, Eric Bocquet (Parti communiste) et Arnaud Bazin (Les Républicains) dévoilé le 27 août, à quelques jours de la date anniversaire du Grenelle, estime que le gouvernement consacre, à la lutte contre les violences faites aux femmes, moins d’argent que ce qu’il annonce. Et comme avant, l’action contre les violences repose sur des associations épuisées qui peinent à se financer avec des fonds publics et des dons.
Le gouvernement avait annoncé une enveloppe de 1,116 milliards d’euros pour la politique d’égalité entre femmes et hommes. Mais, écrivent les sénateurs, cette somme correspond à la limite supérieure des dépenses pouvant être engagées. Pour 2020, les paiements réellement effectués ne s’élèveraient qu’à 557,8 millions d’euros. Concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, 360 millions d’euros y seront consacrés cette année versus 342 millions d’euros en 2019. Ce n’est pas une augmentation spectaculaire. Sur le milliard d’euros annoncé, 834,5 millions d’euros sont destinés à financer « des programmes déployés à l’étranger » dit le rapport. (...)
Le rapport reproche au gouvernement « la quasi-absence de mesures nouvelles : les intervenants sociaux en commissariat et gendarmeries, les psychologues, ou encore les correspondants locaux de lutte contre les violences intrafamiliales existaient déjà. » Concernant la « contribution des programmes ‘gendarmerie’ et ‘police’, la valorisation financière des personnels est quelque peu sujette à caution, d’autant qu’il s’agit de dispositifs comptabilisés dans la politique de lutte contre les violences de façon un peu extensive » disent les rapporteurs. Autre sujet à caution : « presque la moitié » des dépenses de l’enveloppe pour le territoire concerne l’Education nationale. Sont comptés : les salaires des enseignants qui effectuent, « la sensibilisation à l’égalité entre les sexes et de la lutte contre les discriminations sexistes » Au-delà des « tours de passe-passe » dénoncés, ce budget, même augmenté est loin des besoins. (...)
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Le gouvernement avait annoncé une enveloppe de 1,116 milliards d’euros pour la politique d’égalité entre femmes et hommes. Mais, écrivent les sénateurs, cette somme correspond à la limite supérieure des dépenses pouvant être engagées. Pour 2020, les paiements réellement effectués ne s’élèveraient qu’à 557,8 millions d’euros. Concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, 360 millions d’euros y seront consacrés cette année versus 342 millions d’euros en 2019. Ce n’est pas une augmentation spectaculaire. Sur le milliard d’euros annoncé, 834,5 millions d’euros sont destinés à financer « des programmes déployés à l’étranger » dit le rapport.
Si, depuis 2010, les crédits augmentent légèrement, ces augmentations masquent « des sous-exécutions importantes jusqu’en 2018, et des opérations discrètes de redéploiements internes, permettant de dégager des crédits, dont la communication gouvernementale laisse souvent à penser, à tort, qu’il s’agit de crédits nouveaux » déplorent les sénateurs.
Le rapport reproche au gouvernement « la quasi-absence de mesures nouvelles (...)
Faute de budget conséquent de l’Etat, c’est sur le travail acharné des associations portées par beaucoup de bénévoles, soutenues inégalement par des collectivités locales et un peu par la générosité du public, que repose la lutte contre les violences faites aux femmes.
Ce sont d’ailleurs ces associations, avec certaines collectivités locales, qui expérimentent des solutions que les gouvernements mettent du temps à généraliser. (...)
Les sénateurs soulignent cependant la réactivité du gouvernement pendant la période de confinement avec une forte communication sur le 3919, un numéro SMS, des points d’accueil dans les pharmacies et les supermarchés… mais ils regrettent que les associations n’aient pas été davantage soutenues. (...)