La démission de Nicolas Hulot n’a pas surpris les ONG de défense de l’environnement. Certaines dénonçaient depuis des mois les incohérences entre les engagements du ministre et les décisions du gouvernement.
« Chaque fois qu’on le voyait, il se posait la question de son utilité, de son efficacité », témoigne le directeur de Greenpeace France, Jean-François Julliard. « On savait que sa position était difficilement tenable. A-t-il été trop naïf face à Macron ? En tout cas, il a essayé, il a mouillé la chemise », reconnaît Jean-David Abel, vice-président de France nature environnement (FNE), principale fédération d’associations environnementales en France. « Lundi soir, après la réunion avec les chasseurs, je pensais à lui. C’est l’étincelle de trop, qui a mis le feu à la poudre d’escampette. Je pensais qu’il lâcherait plus tôt », ajoute Denez L’Hostis, président d’honneur de FNE. « Je ne voyais pas comment il pouvait aller au terme de son mandat », estime de son côté Florent Compain, président des Amis de la Terre. « C’était compliqué, il a perdu de nombreux arbitrages », observe François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures.
Les désaccords ne manquaient pas entre les décisions du gouvernement, Nicolas Hulot et les ONG. Reporterre les listait en juin dernier, à l’occasion de la parution du Hulotscope (...)
Cette démission est-elle donc une bonne nouvelle ? Certains estiment qu’il est encore tôt pour se prononcer. Côté WWF, « c’est indéniablement une mauvaise nouvelle pour la protection de la planète ». À l’inverse, Txetx Etcheverry, fondateur de l’association basque Bizi !, approuve : « Dimanche, l’interview d’Édouard Philippe dans le JDD déclinait la politique du gouvernement et il n’y avait pas un seul mot sur l’écologie ou la transition énergétique… » « S’il [Nicolas Hulot] pense qu’il n’est plus utile au gouvernement, je préfère qu’il démissionne », ajoute Jean-François Julliard.
« Il n’y aura plus de paravent »(...)
Sur le fond, les déclarations de Nicolas Hulot — sur l’urgence écologique ou l’impasse du libéralisme économique — ont aussi touché les défenseurs de l’environnement. « Chaque mot de ce qu’il a dit est important, souligne Txetx Etcheverry. (...)
Le terme d’« électrochoc » revient d’ailleurs dans les déclarations de plusieurs ONG, qui espèrent que ce coup d’éclat permettra de remettre la question écologique sur le devant de la scène. (...)
Beaucoup de décisions essentielles pour l’écologie restent en suspens
Reste à évaluer les conséquences de ce départ sur les décisions que le gouvernement va désormais prendre en matière d’écologie. (...)
Enfin, enjeu crucial, le futur budget sera parlant. (...)