Une zone humide défrichée, la biodiversité saccagée, des terres agricoles dévorées, la loi méprisée : voici le projet de quatorzième golf en Gironde. Mais le bulldozer reste travers de la gorge : écologistes et paysans se retrouvent les 17 et 18 juin pour stopper ce gâchis.
Depuis avril, les travaux d’aménagement du quatorzième golf de Gironde ont commencé dans la plus grande discrétion. Le site, une zone humide abritant des espèces protégées et jouant un rôle tampon majeur en cas de crue de la Garonne, a été défriché. Ce week-end du 18 et 19 juin, les opposants – Collectif bordelais de soutien à la Zad et Confédération paysanne – appellent à se rassembler sur le site jusqu’à dimanche en vue d’empêcher la poursuite du chantier.
Le projet est né il y a trente ans, à la fin des années 1980. A l’époque Eric Bez, fils de l’ancien président du club de foot bordelais, devient propriétaire des 167 hectares du « domaine de la Plantation », sur la commune de Villenave d’Ornon, et lance un projet de golf accompagné de logements et d’un centre d’affaires. Mais des associations locales – Aquitaine Alternatives, Les Verts, la Sepanso – s’y opposent et mènent l’affaire devant les tribunaux. Sur fond de magouilles, elle finit par capoter en 2007. (...)
La Plantation est alors rachetée par un groupe belgo-turc, Vizzion Europe, spécialisé dans les « grands projets immobiliers internationaux en Europe et dans le monde », et dont l’actionnaire majoritaire est aujourd’hui Gonzague Mulliez, l’un des membres de la très fortunée famille du même nom. En 2010 le projet est relancé sous le nom du « domaine de Geneste ». Il comprend toujours un golf, dit « écologique », de 18 trous (qui deviendrait le 14e de Gironde, un centre d’affaires (bureaux, commerces, hôtels, résidences, services), et un ensemble de logements. Après enquête publique, l’aménagement des ces trois espaces est autorisée début 2012. A l’époque, la Sepanso s’y oppose toujours fortement et dépose des recours en justice. Sans fort soutien populaire, elle perd son combat devant le tribunal administratif de Bordeaux en 2015.
Puis plus rien. Jusqu’à ce que des militants locaux se rendent compte en avril dernier que le chantier avait commencé. (...)