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La République tchèque déploie l’armée à ses frontières avec la Slovaquie
#frontieres
Article mis en ligne le 12 octobre 2022

Depuis le 9 octobre, 80 soldats tchèques sont déployés le long de la frontière avec la Slovaquie, en soutien à la police déjà présente dans la zone. Avec cette mesure, Prague prolonge les contrôles à ses frontières rétablis fin septembre pour freiner les passages de migrants en provenance de la route des Balkans.

C’est une mesure sécuritaire de plus en Europe centrale. Depuis dimanche 9 octobre, 80 soldats tchèques sont postés à l’est de la République tchèque, le long de la frontière avec la Slovaquie. Ces derniers sont déployés en renfort des patrouilles de police et de garde-frontières déjà présents dans les régions de Moravie du Sud, de Zlin et de Moravie-Silésie, indique l’armée dans un communiqué repris par la presse tchèque. À partir du 28 octobre, ils seront rejoints par 320 soldats supplémentaires envoyés dans la zone.

La décision vient prolonger les contrôles rétablis à cet endroit le 29 septembre, pour dix jours initialement, sur 27 postes frontaliers. "Il n’est pas possible de fermer hermétiquement toute la frontière, longue de 251 km. Mais nous ferons tout pour empêcher son franchissement illégal, aux endroits qui ne sont pas destinés à cela", a affirmé le chef de la police tchèque Martin Vondrášek, au journal The Epoch Times.

Entre le 1er janvier et le 26 septembre 2022, la police tchèque a intercepté "11 983 migrants illégaux en transit sur le territoire, ce qui dépasse largement les chiffres que nous avons enregistrés en 2015, lorsque la crise migratoire en Europe était à son apogée", a réagi Milan Majer, du service de police des étrangers, pour justifier le retour des contrôles à la frontière.

De son côté, la Slovaquie a elle aussi renforcé la surveillance de ses frontières proches de la Hongrie, en envoyant des patrouilles à quatre points de passages menant vers ce pays voisin. (...)

Un "plan d’action" pour freiner les passages

Le renforcement des contrôles aux frontières tchèques et slovaques s’inscrit dans la démarche sécuritaire et répressive entreprise ces dernières semaines par plusieurs pays d’Europe centrale.

Objectif, selon eux ? Endiguer l’augmentation des passages de migrants sur cette route migratoire. Le 3 octobre, les dirigeants autrichien, hongrois et serbe se sont entendus pour des initiatives conjointes à leurs frontières. Ce "plan d’action" comprend notamment une coopération policière accrue le long de leurs frontières respectives, mais aussi de celle de la Macédoine du Nord, ainsi qu’un soutien à la Serbie dans ses futures expulsions de migrants vers leur pays d’origine.

Une semaine avant, l’Autriche avait annoncé le rétablissement des contrôles à sa frontière avec la Slovaquie, et des patrouilles supplémentaires dans l’ouest autrichien, côté suisse.

La Serbie, devenue cette année un point de passage important des migrants, multiplie pour sa part les opérations policières dans le nord du pays, près de la frontière hongroise. (...)

Bavures policières contre des migrants en Serbie

Dans cette zone frontalière, les bavures policières sont par ailleurs régulièrement dénoncées par les associations. "Les personnes en déplacement sont touchées à la frontière par des balles en caoutchouc, ils sont expulsés de la clôture frontalière par des voitures de police qui foncent dans le grillage comme s’il s’agissait de poupées en peluches, ils sont trainés par les pieds de l’autre côté de la clôture. Ils sont déshabillés et obligés de retourner en Serbie pied nus", signalait en septembre Klikaktiv, une association basée en Serbie.

En août, Médecins sans frontières (MSF) alertait déjà sur le "recours alarmant et répété" des violences de la part des forces de sécurité hongroises à l’encontre des migrants traversant la frontière entre la Serbie et la Hongrie. Selon Andjela Marcetic, médecin de l’ONG médicale en Serbie, "chaque semaine, nous voyons plusieurs personnes, dont certains enfants, présentant de graves contusions, des blessures et coupures profondes, des luxations et des fractures, souvent sur les jambes, les bras et parfois à la tête".