Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Reporterre
La France est complice de l’exploitation du charbon allemand à Hambach. Pétition
Article mis en ligne le 20 septembre 2018

Lors de l’évacuation de la forêt de Hambach, un jeune militant est mort mercredi 19 septembre. L’objet de la répression policière : permettre l’extension d’une mine de charbon géante, en contradiction avec les engagements sur le climat. La France est impliquée dans ce forfait car la Caisse des dépôts et consignations a investi des fonds dans la compagnie allemande RWE.

C’est une histoire qui débute simplement. Elle se déroule en Allemagne, à trente kilomètres de Cologne. C’est l’histoire de deux cents hectares de forêt primaire, occupés depuis plusieurs années par des gens qui veulent empêcher sa destruction. Car cette forêt est vouée à être sacrifiée pour permettre l’extension d’une mine à ciel ouvert de lignite, communément appelé « charbon brun » : le combustible fossile le plus polluant au monde. Cette mine, en l’état actuel, est la principale source d’émission de gaz à effet de serre de toute l’Europe.

C’est une histoire simple, car elle révèle, en quelques phrases, la vérité sur nos dirigeant·e·s. Et cette histoire implique la France, elle nous implique tous.tes

car la France, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations et du Fonds de réserve pour les retraites, a investi des millions d’euros dans les actions et les obligations émises par RWE, l’entreprise qui exploite cette mine et avec elle plusieurs dizaines de centrales thermiques (dont une quinzaine à charbon).

Elle nous implique d’autant plus qu’un jeune homme a trouvé la mort, mercredi 19 septembre. Journaliste, il est mort alors qu’il essayait de nous raconter cette histoire.

Respecter l’Accord de Paris implique de renoncer à toute nouvelle infrastructure fossile (...)

à la veille du One Planet Summit, qu’Emmanuel Macron avait convoqué pour remonter le moral d’une communauté internationale inquiète des intentions de Donald Trump à l’égard de l’Accord de Paris sur le climat, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, prenait à son tour un engagement : la Caisse des dépôts et consignations (CDC) allait signer une charte, par laquelle elle s’engagerait à mettre ses investissements en conformité avec l’impératif de lutte contre le réchauffement climatique.

Or, dans cette histoire, les faits sont simples, enfantins même : respecter l’Accord de Paris implique de renoncer à toute nouvelle infrastructure fossile. Les gisements de charbon, de gaz et de pétrole actuellement exploités sont tellement gigantesques qu’ils suffisent à nous faire sortir de la trajectoire d’un réchauffement de + 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Bien loin, donc, de la promesse prise de tendre au plus près des 1,5°C. (...)

la tension et la violence imposées depuis plusieurs jours par les forces de l’ordre ont conduit un homme à la mort.

Le faisceau des catastrophes et l’émoi public qu’elles suscitent devraient presser le gouvernement français d’engager les transformations promises en 2015, lors de la COP21, et depuis lors.

Mais l’extension d’une mine de charbon y contrevient directement (...)

La France pourrait trouver une issue digne dans une tragédie que rien ne réparera, et qui restera entâchée de sa caution : le désinvestissement. Comme Bruno Le Maire l’avait promis, la France pourrait décider de ne plus investir un euro dans les combustibles fossiles pour envoyer un message fort. Un message que l’Irlande, les villes de New York, de Londres et de Paris ont d’ores et déjà choisi d’envoyer.

La Caisse des dépôts et consignations gère l’épargne de millions de Français et beaucoup d’investissements effectués par l’État. « Désinvestir » aurait un sens politique majeur, et amorcerait ainsi la fin de nombre d’infrastructures et de projets charbonniers, gaziers ou pétroliers.

L’avantage de cette mesure toute simple est qu’elle ne coûte rien : dans cette histoire, ce qui est attendu d’Emmanuel Macron et du gouvernement, ce n’est pas une dépense de plus, mais pas un euro de plus. C’est garder l’argent en attendant des réinvestissements convenables.(...)

Dans cette histoire, irrémédiablement marquée du sceau de la tragédie, chacun·e d’entre nous peut jouer un rôle : écrire à Emmanuel Macron, à Bruno Le Maire et aux dirigeant·e·s de la Caisse des dépôts et consignations pour leur demander de désinvestir des combustibles fossiles et des énergies du passé - et d’engager la transition vers un futur juste et durable.

La pétition est ici.