Coup de théâtre : alors que le préfet de police Didier Lallement avait annoncé, en juillet, la dissolution de la Compagnie de sécurisation et d’intervention de Seine-Saint-Denis (CSI 93) après une vague de scandales mettant en cause plusieurs de ses policiers, il rétropédale. La CSI 93 – dont quatre agents sont toujours mis en examen – ne sera pas supprimée.
Ce vendredi soir, la préfecture de police de Paris déclare, à propos des 150 agents basés à Aulnay-sous-Bois, que « la dissolution de cette unité, qui passera par sa reconstitution avec les effectifs non mis en cause, sera achevée au plan administratif lorsque la réforme des CSI de la petite couronne aura abouti. Cela sera le cas à l’occasion d’un prochain comité technique interdépartemental au cours duquel sera présenté le nouveau dispositif. »
En clair, selon nos informations, seule une quinzaine de policiers affectés à un service dédiées aux interventions matinales à domicile devraient quitter la CSI 93 pour rejoindre celle de Paris. Mais le reste des effectifs, hormis les quatre hommes mis en cause, ne changeront pas. Ni les locaux, qui resteront ceux d’Aulnay-sous-Bois. La chefferie pourrait toutefois être rattachée à Paris.
Toujours ans le viseur de l’IGPN
Un pré-comité soit avoir lieu ce lundi, et la décision finale devrait être actée le 5 décembre.
C’est un revirement. Car depuis l’été, la CSI 93 est dans le viseur de l’IGPN. Six policiers ont été interpellés le 29 juin. Quatre sont mis en examen pour faux en écriture publique, violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique, vol et transport de stupéfiants. Ils ont été suspendus.
Le 22 septembre, quatre nouvelles interpellations ont été effectuées au sein du service (...)
En tout, pas moins de… 17 enquêtes visant des policiers du service ont été ouvertes par le parquet de Bobigny ! Pêle-mêle, elles visent des soupçons de rackets de dealers, de violences, des propos racistes, interpellations illégitimes, confiscation de stupéfiants à des fins personnelles, procédures montées ou trafiquées… L’IGPN avait notamment procédé à des écoutes au sein des vestiaires de la CSI 93 et à des planques pour mettre au jour ces pratiques. (...)