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L’agroforesterie, un outil de lutte contre le changement climatique trop peu utilisé
Article mis en ligne le 18 décembre 2017
dernière modification le 16 décembre 2017

Planter des arbres dans les champs et les pâturages est doublement efficace pour combattre le réchauffement climatique et aider les populations agricoles

Lutter contre le changement climatique n’a jamais été aussi urgent. Il existe pourtant un élément de solution dont l’efficacité a été prouvée. Dépêchons-nous de l’adopter. Le concept radical (mais pas nouveau) de l’agroforesterie — qu’il s’agisse de planter des arbres pour faire de l’ombre aux plants de café, d’en intégrer aux fermes d’élevage colombiennes ou de favoriser la multiplication des karités dans les champs de millet au Sahel — doit faire partie de nos priorités.

Le Global Carbon Project estime qu’en 2017, les émissions mondiales de dioxyde de carbone auront augmenté de deux pour cent, renversant la tendance à la baisse des années précédentes. Près d’un quart de ces émissions sont dues à l’agriculture et à la conversion des forêts et des zones humides en terres agricoles. Cette année devrait aussi figurer parmi les trois plus chaudes jamais répertoriées, d’après l’Organisation météorologique mondiale, et ce, sans le phénomène El Niño, qui avait fortement participé à la hausse des températures en 2016.

Les crues éclair en Asie du Sud-Est, la sécheresse en Afrique de l’Est et la fonte des glaciers en Amérique latine ne sont que trois exemples des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique qui touchent la planète entière. C’est une véritable catastrophe mondiale, et nous en sommes en grande partie responsables.

Des solutions à portée de main
Nous avons pourtant la capacité de limiter le réchauffement climatique. Nous pouvons réduire les émissions de CO2 et augmenter son absorption en élargissant et en protégeant les « puits de carbone », notamment les forêts. Il existe une stratégie d’atténuation du réchauffement particulièrement efficace, mais qui attend encore d’être pleinement reconnue : l’agroforesterie. Il s’agit de repeupler, de planter et de sauvegarder des arbres et des arbustes sur les terres agricoles et les pâturages.

Déjà, près d’un milliard d’hectares de parcelles agricoles dans le monde comportent des arbres que des familles paysannes conservent sciemment en association avec le maraîchage ou l’élevage (...)

Des avantages sociaux non négligeables
Ces arbres et arbustes associés à l’agriculture et à l’élevage absorbent non seulement du carbone, mais ils apportent aussi des ressources lucratives aux paysans et paysannes : du bois, du combustible, des fruits, de l’huile, des noix et du fourrage. Les arbres fixateurs d’azote enrichissent également le sol en capturant dans l’atmosphère des éléments essentiels pour les plantes. Cela réduit les besoins en engrais azotés chimiques, qui participent grandement au réchauffement climatique, tant lors de leur fabrication que lorsqu’ils s’évaporent dans l’atmosphère. Enfin, la présence d’arbres sur les terres arables améliore la recharge des nappes phréatiques et régule le cycle de l’eau, ce qui augmente à son tour les rendements des cultures et la production de lait et de viande.