Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Reporterre
L’action non-violente pour le climat et contre les fossiles est efficace
Article mis en ligne le 20 avril 2016

Des centaines d’activistes non-violents mais déterminés ont perturbé le congrès sur l’exploitation pétrolière en mer début avril à Pau. Enjeu : remettre la question climatique sur la table et sortir des énergies fossiles. L’action non-violente est efficace, assure l’auteur, militant d’ANV COP 21.

Une autre action est prévue à Paris jeudi 21 avril, contre un nouveau sommet du pétrole.

Le sommet du pétrole offshore Mcedd [1], organisé dans le fief de Total, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), a été bloqué et perturbé par des militants climat pendant trois journées d’affilée, du 5 au 7 avril 2016. Des vagues d’actions non-violentes et déterminées ont permis de créer des conditions d’anormalité autour de cette rencontre entre les plus grandes compagnies pétrolières comme Total, Shell, BP ou ExxonMobil et des exploitants offshore, montrant ainsi qu’après la COP21, certaines choses ne peuvent plus se dérouler comme avant, et ouvrant la voie à une nouvelle séquence de mobilisation pour le climat.

C’est le mouvement Action non-violente COP21, créé quelques mois avant la COP21 [2], qui a lancé l’appel à bloquer le sommet Mcedd. L’appel n’a été lancé que le 26 février 2016 [3] et pourtant, en seulement six semaines, cette campagne de mobilisation a rassemblé plus de 500 activistes climatiques, en pleine semaine, dans le Camp Sirène, un camp climat installé au Village Emmaüs Lescar-Pau pendant 7 jours d’affilée, et a permis de mener des actions directes non-violentes massives et déterminées pendant les trois journées du sommet.
Nous faisions tomber des barrières psychologiques

Cette mobilisation climat s’inscrit dans la suite de la mobilisation de la COP21. (...)

Les actions pour perturber le Mcedd ont toutes été menées à visage découvert, de manière à la fois strictement non-violente et très déterminée. Certaines actions ont même été particulièrement offensives, notamment les actions de franchissement pour pénétrer dans le site du palais Beaumont, où se tenait le Mcedd, et qui était protégé en permanence par un dispositif policier et des clôtures de deux mètres de haut. (...)

Il y a eu en permanence de notre part une recherche du dialogue, tant avec les forces de l’ordre qu’avec les congressistes, qui ont permis de nombreux échanges. Nous croyons en la force de persuasion. Si les actions non-violentes ont ébranlé le dispositif policier, elles ont aussi ébranlé certaines certitudes. (...)

Convaincus que c’est aussi dans les consciences qu’il faut faire bouger les lignes, il y a eu de la part des militants une volonté impressionnante de convaincre, et pas seulement de bloquer. L’un de nous s’est adressé à un policier avec assurance : « Bientôt, vous viendrez avec nous. Vous savez pourquoi ? Parce que ce seront vos propres familles en face de vous. » (...)

Ce mode d’action à la fois 100 % non-violent et très déterminé tire sa spécificité de deux éléments : d’une part une conscience de la nature du changement climatique, et d’autre part une approche stratégique de l’action non-violente. (...)

Cette conscience que le changement climatique est un enjeu central pour l’humanité nous fait alors envisager l’action de désobéissance civile et l’action de confrontation non-violente sous un autre jour, et les rend à nos yeux nécessaires et légitimes.

Face à ce constat alarmant de la situation climatique, nous échappons pourtant au défaitisme, au désespoir ou au déni car nous croyons que nous pouvons relever ce défi. Inspirés par des figures comme celles de Gandhi ou de Martin Luther King, ou de mouvements citoyens comme celui des Indignés espagnols du 15-M, nous croyons en la pertinence de la stratégie de l’action non-violente pour gagner le soutien de l’opinion publique, et pour permettre à la diversité de la population d’agir au sein d’un même mouvement citoyen grâce à la grande diversité des formes d’actions non-violentes. (...)

L’émotion était forte parmi les participants qui, venus de tous horizons, semblaient partager une même vision, mais aussi une pratique. Un type d’action non-violente se met en place, un état d’esprit collectif est en train de naître.
Une dynamique capable de perdurer au-delà du Sommet de Paris

La détermination dont ont fait preuve les militants, et la motivation avec laquelle les participants sont ressortis de cette expérience laissent penser que nous avons peut-être réussi, lors des deux années de mobilisation organisée dans la perspective de la COP21, à construire une dynamique capable de perdurer au-delà du Sommet de Paris.

Plus que jamais, les actions citoyennes contre le changement climatique doivent se multiplier et se renforcer, et plusieurs rendez-vous nous donnent l’occasion d’y contribuer dans les jours et les semaines qui viennent : une action contre le sommet international du pétrole à Paris est prévue dès le 21 avril [7], la semaine mondiale d’action contre l’exploitation des énergies fossiles Breakfree se déroulera du 4 au 15 mai, et la seconde édition de Ende Gelände aura lieu du 13 au 16 mai en Allemagne. Soyons nombreuses et nombreux à y participer !